Pénurie de maîtres-nageurs en Picardie

© Clément Jean-Pierre
© Clément Jean-Pierre

Depuis plus de dix ans, le métier de Maître Nageur Sauveteur est en tension en France. Plus de 1 000 postes permanents resteraient non pourvus. Cette pénurie pose des problèmes logistiques et organisationnels dans les piscines et le phénomène s'accentue dès le début de la période estivale.

Par Camille Di Crescenzo

"Baignade interdite". C'est ce qu'on pouvait lire début mai à Axo'Plage à Monampteuil dans l'Aisne, faute d'avoir trouvé suffisamment de maîtres-nageurs pour assurer la surveillance. 

Depuis plus de dix ans, le métier de MNS (Maître Nageur Sauveteur) est en tension en France. Cette pénurie pose des problèmes logistiques et organisationnels dans les piscines et le phénomène s'accentue dès le début de la période estivale, avec l'ouverture de nombreux plans d'eau, des piscines de plein air et celles, privées, des campings. 

A Monampteuil, dans l'Aisne, malgré la publication d'annonces dès le mois de décembre sur Pôle Emploi et sur différents sites spécialisés pour trouver une équipe qui soit fonctionnelle à Axo'Plage dès le mois de mai, la municipalité n'avait pas pu autoriser la baignade. 
 

Trop de responsabilité


Aujourd'hui, la profession de maître-nageur est en tension. Plus de 1 000 postes permanents resteraient vacants en France. En cause, des salaires peu attractifs, des astreintes et surtout de lourdes responsabilités qui rebutent les candidats potentiels, comme l'explique Matthieu Morisse, maître-nageur sauveteur à Ham : "On arrive de plus en plus vers une société où on cherche dès qu’il y a un accident un responsable et malheureusement on peut souvent être les premiers mis en cause. Donc c’est beaucoup de responsabilité par rapport à la profession". 
 
Cette pénurie s'accroît dès le début de la période estivale avec l'ouverture de nombreux plans d'eau et de bassins de plein air.
Il arrive que certains établissements soient même obligés de revoir les activités à la baisse, voire de supprimer certains cours comme l'aquagym ou des leçons qui demandent des effectifs supplémentaires.
 

Une formation onéreuse


L'autre phénomène décourageant, le coût de la formation qui peut atteindre les 7 000 euros pour un métier que beaucoup n'exercent qu'une partie de l'année. 

A Tergnier, la ville a trouvé la parade en prenant en charge la formation du personnel municipal pour encadrer sa base nautique. "Elle prend en charge la formation comme toute autre formation professionnelle. Ça nous permet d'avoir du personnel sous la main et à disposition" précise Jean-Claude Caudron, conseiller municipal délégué à la base nautique de la Frette. 

Face à cette pénurie nationale, des sociétés privées proposent leurs services pour combler les manques, moyennant un coût supplémentaire. 

Si certains bassins n'ont pas encore leur effectif de maîtres-nageurs au complet, rien ne devrait empêcher les vacanciers de mettre les pieds dans l'eau cet été en Picardie.

Reportage complet sur la chaîne Youtube de France 3 Hauts-de-France.

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