Une pétition en ligne pour l’allongement du congé paternité

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Après l'annonce du gouvernement d'un possible congé maternité unique, des voix s'élèvent à quelques jours de la fête des pères pour réclamer l'allongement du congé paternité, une mesure bénéfique à la parentalité qui pourrait aussi réduire les inégalités entre les femmes et les hommes.

Par Célia Mascre

Sur internet, une pétition a été lancée pour demander l'allongement du congé paternité à quatre semaines... Et elle connaît un certain succès avec près de 52.000 signatures, à l'approche de la fête des pères dimanche.

"Le congé paternité concrétise le moment où on devient père mais c'est trop court", explique l'auteur de ce "plaidoyer", Naro Sinarpad (pseudonyme), un informaticien de 30 ans qui dénonce les cas où ce "moment important" dans la vie peut devenir "un vrai casse-tête".

Depuis des années, l'association SOS Préma milite pour que "comme en Suède, le père soit vraiment impliqué à la naissance" et demande "un congé spécifique" pour les pères d'enfants hospitalisés. "On en voit qui perdent leur travail, surtout des commerciaux parce qu'ils ne font pas leur chiffre", déplore Charlotte Bouvard, sa directrice.

Réduire les inégalités professionnelles homme-femme


Dans une note publiée en janvier, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) recommandait de le rendre obligatoire et de le doubler, voire l'allonger à six semaines.

Selon l'Observatoire, qui a calculé qu'il coûtait 274 millions d'euros annuels contre trois milliards d'euros pour le congé maternité, le doter de "plus de dépense publique" permettrait de "réduire les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes".

"Le congé paternité n'est pas qu'une question individuelle, c'est aussi une question sociale", estime l'économiste Hélène Périvier, auteure du rapport, pour qui l'obliger "c'est éviter des effets discriminatoires de l'employeur sur l'employé et partager de façon plus égalitaire les rôles sociaux des parents".

"Mieux communiquer sur l'existant"


La mesure n'est pas au programme du nouveau gouvernement. L'obligation n'est pas toujours efficace "car elle peut donner le sentiment d'une intrusion dans la vie personnelle", explique Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité femmes-hommes.

Selon elle, il faudrait "déjà mieux communiquer sur l'existant" car les "normes masculines du pouvoir dans la culture du travail empêchent encore certains hommes de prendre des jours enfant malade ou un congé parental".

En février, un allongement du congé paternité à 14 jours avait été votée en première lecture à l'Assemblée nationale mais les élections ont interrompu le processus législatif.
 

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