Oise : trois sites candidats à l’inscription sur la liste au patrimoine mondial de l’UNESCO

Nécropole militaire française de Thiescourt dans l'Oise / © France 3 Picardie
Nécropole militaire française de Thiescourt dans l'Oise / © France 3 Picardie

La nécropole française militaire française de Royallieu à Compiègne, la nécropole nationale de Cuts ainsi que la nécropole franco-allemande de Thiescourt sont trois sites candidats à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO. 

Par Célia Mascre

Des élus étaient réunis hier après-midi, dans l'Oise, pour affirmer leur soutien à l'inscription au patrimoine mondial de trois sites historiques. Une manière pour le département de "sa profonde reconnaissance aux Anciens Combattants dans l’Oise pour leur sacrifice et de son attachement au devoir de mémoire."

La nécropole française et le cimetière allemand de Thiescourt


La nécropole française et le cimetière allemand de Thiescourt ont été élevés en 1920 à l’emplacement d’une fosse collective qui aurait été établie par les autorités militaires allemandes pendant la guerre et qui contenait 50 corps de soldats allemands et français.

La grande majorité des soldats allemands inhumés à Thiescourt ont été tués lors des combats de 1918, en particulier lors de « la bataille de Noyon » en juin et lors des batailles défensives du Matz en août.


La nécropole nationale de Cuts


En mai 1918, un bataillon de tirailleurs somalis, composé de soldats originaires des "petites colonies" de l’Océan indien, est envoyé au Mont de Choisy (Cuts), afin d’aider à tenir les positions françaises face aux forces allemandes. Lors de ces combats, de nombreux soldats de ce bataillon, originaires notamment des Somalis et des Comores, ont perdu la vie. Ils font partie des 3 307 soldats inhumés dans la nécropole nationale de Cuts, édifiée par la France en mars 1920.

Depuis près d’un demi-siècle, la commune et la nécropole de Cuts font régulièrement l’objet de commémorations à la mémoire des soldats des colonies engagés dans le conflit.

La nécropole militaire française de Compiègne (Royallieu)


Dès le 11 novembre 1914, Compiègne devient une "ville-hôpital" majeure car à 15 km du front, stabilisé au nord-est de la ville jusqu’en mars 1917. D’août 1914 à fin 1918, 26 hôpitaux temporaires fonctionnent dans la ville et à sa périphérie. Ces hôpitaux sont le lieu d’innovations médicales notoires.

En janvier 1917, le conseil municipal sollicite les autorités militaires et sanitaires pour créer un cimetière militaire à proximité du cimetière civil sud. Jusqu’alors, les soldats décédés dans les hôpitaux de la ville étaient inhumés dans les cimetières communaux. Mais face à l’ampleur des besoins, la création d’un cimetière dédié s’impose. Il est ouvert en 1918 par l’hôpital n°16 implanté à proximité dans la caserne de Royallieu.


Les soldats inhumés décèdent des suites de leurs blessures mais aussi de maladies (typhoïde, grippe espagnole…). Ils appartiennent pour la plupart aux troupes coloniales. 

Le 11 novembre 1938, la nécropole est choisie en raison de sa proximité avec la Clairière de Rethondes, symbolisant la fin des combats, pour accueillir la flamme transmise depuis la tombe du Soldat inconnu de l’Arc de Triomphe vers les zones de l’ancien front. Elle figure parmi les cinq nécropoles nationales étapes (Saint-Acheul, Châlons-sur-Marne, Notre-Dame de Lorette et Douaumont). 

L'UNESCO donnera les résultats des candidatures en juin 2018.

Les nécropoles en question

C’est à l’occasion de la Guerre de 1914-1918 qu’ont été créées les premières nécropoles militaires. Auparavant le soldat était enterré dans une fosse commune, sans mention de son nom. L’aménagement de nécropoles témoigne de la naissance d’un autre rapport à leur engagement : il dispose désormais d’une tombe individuelle faisant figurer son nom. Ce tournant d’humanité, et l’émergence du "devoir de mémoire" sont au cœur du projet de classification Unesco. Par la suite, tous les pays créeront des grands cimetières de soldats.

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