Prix du porc : les éleveurs picards rattrapés par la crise

Dominique Lauwerier investit depuis vingt ans dans son élevage porcin, mais la chute des prix l'empêche de se projeter sereinement dans l'avenir. / © France 3 Picardie
Dominique Lauwerier investit depuis vingt ans dans son élevage porcin, mais la chute des prix l'empêche de se projeter sereinement dans l'avenir. / © France 3 Picardie

Le prix du porc chute à nouveau depuis six mois. Un peu moins de deux ans après la crise qui avait paralysé le secteur, c'est un nouveau coup dur pour les éleveurs picards.

Par France 3 Picardie / ML

L'élevage, Dominique Lauwerier est tombé dedans quand il était petit. Son père tenait une exploitation porcine et, adulte, l'envie lui prend de suivre ses traces. "Je trouvais que mon père avait un beau métier, souligne l'éleveur. J'en étais fier et j'ai voulu transmettre ça à mes enfants." Il y a vingt ans, Dominique et son épouse rachètent donc une exploitation à Maisnière (Somme).

Prix du porc : les éleveurs rattrapés par la crise
Avec Dominique Lauwerier, éleveur porcin / Reportage de Laurent Pénichou, Nicolas Corselle et Nicolas Duchet - France 3 Picardie


Peu a peu, le couple a modernisé et agrandi l'élevage. Aujourd'hui, 170 truies y donnent naissance à près de 6000 porcelets chaque année. Elles sont inséminées de manière à ce que les mises bas soient regroupées. Les semaines de naissance des porcelets requièrent une attention de tous les instants. "Il faut être aux petits soins, reconnaît l'éleveur, faire attention que les truies n'écrasent pas leurs jeunes... Il faut être présent."

Des investissements à l'arrêt


Un travail conséquent mis à mal par les évolutions du marché du porc. En 2015, le secteur est entré en crise à la suite d'une chute importante des prix. Dix-huit mois plus tard, les éleveurs ont pu se refaire une santé, en trouvant des débouchés vers la Chine notamment. Mais ce coup d'arrêt a appris aux éleveurs à gérer au plus serré, en particulier en produisant eux même blé et maïs pour le nourrissage de leurs bêtes.

Dominique cultive aujourd'hui 100 hectares et produit les trois quarts de l'alimentation de ses porcs. Il voudrait poursuivre ses investissement : racheter des terres pour produire la nourriture, embaucher du personnel... Mais le pari est hasardeux avec un cours à 1,18€ au kilogramme. Depuis septembre, les prix dégringolent à nouveau, et il lui faudrait 1,40 € au kilogramme pour que son activité soit rentable.


"On aurait de meilleurs prix, on pourrait investir, soupire-t-il. On pourrait aussi travailler dans de meilleures conditions, pour nous et pour nos salariés." Mais les prix sont "le seul point où [les éleveurs] n'ont pas la maîtrise", d'après lui. Dominique regarde malgré tout vers l'avenir : son fils viendra s'installer avec lui dès la fin de ses études.

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