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Rio 2016 – Canoë-kayak : les cinq secrets d’Amandine Lhote

Amandine Lhote s'aligne en K4 500 mètres. / © MaxPPP
Amandine Lhote s'aligne en K4 500 mètres. / © MaxPPP

Les Jeux olympiques 2016 arrivent à grand pas. À cette occasion, la rédaction web de France 3 Nord Pas-de-Calais vous présente les sportifs qui défendront les couleurs nordistes à Rio. Aujourd’hui Amandine Lhote, opiniâtre kayakiste, fervente nordiste.

Par Geoffrey Lopes

Lève-toi et le sport t’aidera. Il ne s’agit ni d’un verset du Coran, ni d’un précepte chrétien. Une nouvelle sportive nordiste d’exception en a fait son leitmotiv. Amandine Lhote n’a cure de sa lombalgie incurable. Malgré des médecins dubitatifs et des entraîneurs précautionneux, elle s’est remise à pagayer.

Qualifiée pour les jeux de Rio en K4 sur 500 mètres, elle savoure : « Je me fais plaisir. Physiquement je me trouve en pleine forme. Je sais d’où je reviens. Ça m’aide à relativiser. L’objectif c’est de s’amuser. Secrètement on vise le top5, mais avant tout on veut sortir de bonnes courses, faire de bonnes séries et se qualifier en finale. »

« J’ai le record de baignade du club de Cambrai »

Amandine Lhote découvre le canoë kayak par hasard, lors d’une sortie scolaire en CM2. « C’est davantage au collège que je m’y suis mise. On devait choisir une cession sportive et j’ai voulu refaire du canoë-kayak. L’école a fini par nous proposer de nous inscrire au club de Cambrai. Pendant un certain temps, je tombais tout le temps du bateau. Sans rire, le président du club me repêchait tous les dix mètres, je passais plus de temps dans l’eau. Je pense avoir le record de baignades du club ! Finalement j’ai eu un déclic, j’ai trouvé ma stabilité et j’ai même commencé à aller vite. »

En équilibre sur son bateau, elle capitalise sur sa force physique pour emmagasiner de la vitesse. « J’ai un peu de mal à garder le rythme. Mais j’arrive à profiter de ma puissance pour être efficace. »

Dos en compote

Se retrouver au milieu de la nature lui plaît. Mais à 21 ans, suite à des douleurs dorsales persistantes, les médecins d’Amandine lui diagnostiquent une lombalgie chronique et incurable. « Certaines de mes lombaires sont écrasés, des disques partent sur le côté, c’est le bordel là dedans. Mes entraîneurs ne veulent plus prendre de risque et les médecins me recommandent de m’arrêter pour me préserver. Je stoppe la compétition, mais je continue à faire un peu de bateau. »

La situation se décante plus de quatre ans plus tard : « je rencontre un nouveau médecin qui met enfin les mots sur la maladie que j’ai et me propose des solutions. En 2013 je participe aux championnats de France de vitesse. Sans m’entraîner sérieusement je parviens en finale. Je me suis dit pourquoi pas alors ? C’est le début de ma deuxième carrière. » La maladie n’évolue plus, bien qu’elle ne se guérisse pas.

Portrait d'athlète

Siège magique

Cette épreuve a permis à Amandine, également professeur de fitness, de maîtriser son corps. « J’ai encore des douleurs, bien sûr, mais je sais les gérer. Je sais ce qu’il faut faire si j’ai une inflammation. J’ai fait énormément de renforcement des muscles des jambes et du bas du dos pour soulager les zones sensibles. Je m’étire beaucoup et les kinés veillent sur moi au cas où. Je reste suivi, si ça me met en danger je prendrai la bonne décision. »

Sur le kayak, pour éviter de trop sollicité son dos, elle a trouvé une ingénieuse solution. « Je pagaie sur un siège amovible. Il pivote sur un axe et me permet d’éviter de m’appuyer sur mon dos. De cette façon, je ne mets plus la pression sur mes disques lombaires. Les entraîneurs affirment que ça me fait perdre en force et en transmission. Mais il s’agissait d’une condition sine qua non si je voulais prétendre à remonter sur un kayak. »

Nordiste « trop gentille »

D’origine cambrésienne, Amandine n’oublie pas le nord. « Je retourne dès que je peux faire honneur à la boulangerie de mes parents. Toute ma famille vit à Cambrai. Le nord reste ma région de cœur. » La douce et calme kayakiste a choisi de parfaire ses gammes au pôle France de Nancy au contraire de Maxime Beaumont à Boulogne-sur-Mer, de Thomas Simart et d’Adrien Bart à Saint-Laurent-Blangy. 

« On me dit que je suis trop gentille… Sur l’eau, je ne me considère pas comme une capitaine, mais disons que je temporise beaucoup. Je me trouve en deuxième position sur le bateau, avec une fille devant et deux autres filles derrière. Je fais l’éponge, j’absorbe tout. »

« Il ne faut rien regretter »

Après avoir vécu des jeux sur le banc à Pékin, la voilà titulaire à Rio. Elle doit beaucoup au soutien indéfectible de son compagnon et entraîneur Romain Marcaud. « On ne se prend pas la tête. On dissocie la vie de couple et les entraînements, c’est pour ça que ça fonctionne ».

En repensant à ses années d’arrêt, Amandine tient à délivrer un message : « une grave blessure ne doit pas nous arrêter. Si on aime notre sport et qu’on se motive, on peut s’en sortir. Il ne faut pas regretter. » Elle reçoit la bénédiction d’Édith Piaf et donne rendez-vous le 19 août. « C’est payé, balayé, oublié, je me fous du passé ! »

Les dates clés

22 décembre 1986 : naissance à Cambrai
2008 : arrêt de sa carrière suite à de lourds problèmes de dos
2014 : retour sur les circuits, 7e des championnats d’Europe en K4 sur 500 mètres.

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