• DÉCOUVERTE
  • MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • économie
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

Rio 2016 – Paralympiques : les cinq secrets de Juliette Watine (basket fauteuil)

Les Jeux paralympiques 2016 ont démarré ce mercerdi. A cette occasion, la rédaction web de France 3 vous présente les six sportifs du Nord et du Pas-de-Calais qui défendront les couleurs bleues à Rio. Aujourd’hui Juliette Watine, ailière lilloise, discrète battante.

Par Geoffrey Lopes

« La joie est en tout ; il faut seulement savoir l'extraire », affirmait le philosophe Confucius. Le bonheur éclate dans la voix et les expressions de Juliette Watine. « Agréable à vivre », pour sa coéquipière Fabienne Saint-Omer, Juliette ne s’embarrasse pas de cacher ses rires. La Lilloise participe à Rio à ses premiers jeux paralympiques. « J’ai du mal à réaliser. J’imagine que la pression montera au pied de l’avion. Je me sens bien et sereine. Je travaille cette semaine dans mon entreprise « les filles à retordre », ça me permet de prendre du recule pour arriver à Rio en pleine forme. Participer aux jeux c’est l’accomplissement de deux intenses années d’entraînement avec peu de repos à la clé. C’est beau d’y arriver. Je suis fière  du chemin parcouru. »

Perdre la mobilité des jambes et se relever

Sportive, dynamique et pleine de vie, Juliette se dépense sans arrêt. De la danse, du tennis, de l’équitation, elle touche à tout avant de perdre l’usage de ses jambes à l’âge de 13 ans. Au centre de rééducation, elle découvre que des solutions existent pour lui permettre de continuer à pratiquer une activité sportive. « J’ai commencé par faire du tennis fauteuil avant de me tourner vers le basket. Je ne peux pas vivre sans faire du sport, c’est hyper important pour moi. Fatiguée, je traîne parfois les pieds avant d’aller à l’entraînement, mais je me sens toujours mieux à la sortie. Le sport me vide la tête. » Participer à des compétitions demande quelques exigences, Juliette en a conscience. « On doit faire face à un rythme de vie chargé. Il faut savoir s’organiser et écouter son corps et gérer ses fatigues. Se ménager sans se laisser aller non plus. »

Le basket pour partager des émotions

Pour Juliette, le sport prend tout son sens dans la confection d’une équipe. Faire des efforts en groupe c’est se les répartir et mieux les digérer. « Le côté collectif me plaît dans le basket. On joue en équipe, on perd et on gagne ensemble. On partage des émotions fortes. » Ces échanges conduits par le collectif créent du lien social et permettent à Juliette de dépasser sa timidité. « Je suis plutôt réservée. Le collectif évacue ma discrétion et m’oblige à m’intégrer. Ça m’apporte beaucoup de confiance de rencontrer des filles avec un handicap. Ça me pousse à aller au-delà de mes possibilités. »

Basketteuse tenace

Elle a beau se trouver discrète, Juliette a de l’énergie à revendre. Sur le parquet comme en dehors, elle ne lâche rien. « Je suis pleine d’énergie. Si je rate un geste je me remets immédiatement dedans. Il est hors de question que nos adversaires marquent un panier facile. » Juliette travaille avec acharnement pour parvenir à placer la balle orange dans le panier. « Mon shoot n’est pas encore parfait. J’ai gagné de la masse musculaire dans les bras, mais j’ai pris conscience que la force ne faisait pas tout dans le lancer. Il faut surtout se gainer et maîtriser le petit coup de poignet afin de faire monter la balle. » La Lilloise et ses coéquipières, encore amatrices, s’attendent à penné physiquement à Rio. « Quasiment toutes les équipes féminines de basket fauteuil sont professionnelles. Physiquement elles nous dominent. Dans le jeu, on sent qu’elles se connaissent mieux et qu’elles travaillent les automatismes. »

Manque de reconnaissance

Juliette ne veut pas créer de polémiques. Elle hésite à raconter. Mais comme Fabienne, elle en a sur le cœur. « Vous pourrez le demander à toutes les joueuses, nous nous ne sentons pas correctement accompagnées. Les joueuses démarchent les mairies pour organiser des stages pour combler le vide. Lorsqu’on parvient à en organiser, ce sont les associations qui nous aident en prenant en charge les frais. Nous n’avons pas toujours les bonnes tailles vestimentaires estampillées France à notre disposition. Il y a quelques mois à Nantes, nous avons fait le lever de rideau de l’équipe masculine des valides, sans pouvoir les rencontrer et manger avec eux. » Juliette assure que la fédération prêche la bonne parole. Les joueuses attendent les actes. Les clubs, à l’image de l’Entente sportive basket de Villeneuve-d’Ascq, sont sensibles à cette situation délicate et offrent parfois leurs installations aux joueuses.

Complicité avec Fabienne

En équipe de France, Juliette s’appuie sur une alliée de poids. « Avec Fabienne, on est très complice. Jouer ensemble à Lille nous aide beaucoup sur le terrain comme en dehors. Lors d’un tournoi en Angleterre, contre les Pays-Bas, j’ai une Néerlandaise sur le dos et j’arrive malgré tout à introduire le ballon dans le panier. Fabienne me lance un regard plein de fierté. Quand j’ai moins d’efficacité, elle n’hésite pas à me remotiver. C’est une assistance mutuelle, on n’a pas besoin de se parler pour savoir ce qu’il faut faire pour remettre l’autre en celle. » Les trois basketteuses nordistes donnent rendez-vous aux téléspectateurs sur France 4 le 8 septembre à 19 heures pour leur premier match de poule.

Sur le même sujet

La Séquence du filmeur

Les + Lus