Roubaix : il change de nom sur son CV et décroche un entretien d'embauche

Le même CV avec deux noms et deux lieux de résidence différents ça change tout pour un recruteur soupçonné de discrimination à l'embauche / © France3
Le même CV avec deux noms et deux lieux de résidence différents ça change tout pour un recruteur soupçonné de discrimination à l'embauche / © France3

Après plusieurs candidatures infructueuses, Hassan Khobzaoui a fini par devenir "Sébastien Boulanger" sur son CV. Il a immédiatement reçu des propostions d'entretien. Ce Roubaisien de 37 ans dénonce une discrimination à l’embauche.

Par @f3nord

Il avait postulé plusieurs fois pour un poste de technicien supérieur en électricité dans la région lilloise. Malgré ses diplômes et dix années d'expérience dans le domaine, les candidatures d'Hassan Khobzaoui étaient restées lettre morte. Même pas une réponse négative.
A 37 ans, ce père de famille roubaisien a donc décidé de devenir "Sébastien Boulanger" sur son CV. Et de changer son lieu de résidence de Roubaix à Wattrelos. En moins de deux heures, il a reçu quatre propositions d'entretien du même recruteur. 
Hassan Khobzaoui a décidé de saisir la justice pour discrimination à l'embauche. Il nous a raconté son histoire.
Un Roubaisen dénonce la discrimination à l'embauche
Thibaut Saingeorgie & Emmanuel Quinart
Selon l'avocat d'Hassan Khobzaoui, son client a été victime d'une double discrimination : raciale avec son nom à consonnance maghrébine, et géographique, la ville de Roubaix souffrant d'une mauvaise réputation. Si la discrimination est avérée, le recruteur risque jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. En attendant, Hassan a trouvé du travail en Belgique.

Un demandeur d'emploi sur trois victime de discrimination

Adopté aux Pays-Bas ou en Suède, le CV anonyme n'est toujours pas d'actualité en France. Mais le gouvernement a lancé mi-avril une campagne de sensibilisation aux discriminations à l'embauche liées à l'origine, pour lutter contre le "sentiment d'humiliation" des jeunes diplômés des quartiers populaires. Elle s'appelle "Les compétences d'abord".
Selon le baromètre du Défenseur des droits et de l’Organisation internationale du travail, un demandeur d’emploi sur trois estime avoir été victime de discrimination, rapporte le site publicsenat.fr dans un article sur la question.
 "Les compétences d'abord", une campagne contre les discriminations lancée par le gouvernement mi avril
"Les compétences d'abord", une campagne contre les discriminations lancée par le gouvernement mi avril

L’âge, la maternité, l’apparence physique, l’origine ou la couleur de peau sont les principaux facteurs discriminants. Selon une étude de l'Institut Montaigne, les hommes perçus comme musulmans pratiquants ont également quatre fois moins de chances d'être convoqués en entretien d'embauche que les hommes perçus comme catholiques pratiquants.
A diplôme égal, il y a deux fois plus de chômage chez les jeunes des quartiers populaires.
"les compétences d'abord", une campagne contre les discriminations lancée par le gouvernement
"les compétences d'abord", une campagne contre les discriminations lancée par le gouvernement


Sur le même sujet

La Joconde au Louvre-Lens ? La ministre de la culture n'a rien annoncé mais...

Près de chez vous

Les + Lus

Les + Partagés