Rugby : une 3ème division professionnelle est en projet mais l'Olympique marcquois ne se dit pas "prêt" pour l'instant

L'Olympique marcquois au Stadium Lille Métropole
L'Olympique marcquois au Stadium Lille Métropole © Olympique Marcquois Rugby / FACEBOOK
Bernard Laporte vient de jeter à nouveau un pavé dans la mare. Le bouillant président de la Fédération française de rugby, fraîchement élu vice-président de World Rugby vient de proposer la création d’une 3è division professionnelle dès la saison prochaine. Un projet qui concernerait directement l’Olympique Marcquois, qui accède à la Fédérale 1, l’actuel 3è échelon du rugby français.

C’est à l’issue d’une réunion convoquée en urgence du Comité d’orientations stratégiques du rugby français ce dimanche que la proposition est tombée, sous forme de communiqué. Cette réunion inattendue répondait au refus de la Ligue nationale de rugby (LNR) de la montée de Massy et Albi, issus de la Fédérale 1, en ProD2.
 
Bernard Laporte a déclaré dimanche soir : « La FFR regrette profondément ce refus. Il ne reflète pas la solidarité que le rugby devrait exprimer en de telles circonstances. C’est une erreur, car il provoque une césure entre les professionnels, et les amateurs qui aspirent à le devenir. Notre Bureau ne renonce pas pour autant, à la montée de ces 2 Clubs en PROD2. Nous pensons qu’elle est légitime et souhaitable. Cette passerelle organique encourage chaque année, nos dirigeants de Clubs et leurs élus locaux, à continuer à investir dans le secteur amateur, créant une synergie nécessaire entre ces deux mondes, qui n’en forment qu’un »

C’est pourquoi le président de la FFR, dont on connaît les démêlés avec celui de la LNR, Paul Goze, a appelé tous les présidents de clubs de Fédérale 1, pour évoquer ce projet de « ProD3 ». Il a demandé à la LNR de travailler sur la création d’un championnat national à 12 clubs.

«  Ce projet devra se bâtir au cours du mois de mai, avec les services de la FFR, et tenir compte de tous les besoins des clubs qui seront sélectionnés sur leur niveau sportif. Je souhaite que nous travaillions objectivement sur les deux hypothèses, et notre Comité Directeur tranchera en juin, en tenant compte de l’évolution de la situation sanitaire et donc du calendrier réel de reprise. La meilleure solution pour le rugby français sera retenue ».

                                              

Trop tôt pour l'OMR 


Olivier Gradel, le président de l’Olympique marcquois rugby (OMR), confirme avoir été contacté directement au téléphone par Bernard Laporte. Et il semblait un peu embarrassé par cette proposition d’une 3è division professionnelle. «  Il y a actuellement un gros écart à la fois sportif et budgétaire entre la dizaine de clubs  susceptibles de monter en ProD2, et les autres » (NDLR : la saison prochaine, 48 clubs seront engagés en Fédérale 1). « L’idée est donc de créer une division intermédiaire ».
Si cette division intermédiaire voyait le jour, l’OMR n’y postulerait pas. « Nous venons seulement d’obtenir notre accession. C’est trop tôt pour nous »,affirme Olivier Gradel.

Le président marcquois, qui vise une accession en ProD2 dans les trois ans, rappelle qu’il y a des disparités énormes entre les clubs de Fédérale 1. « Les budgets varient de 665 000 euros pour le plus faible, à 3,5 millions pour le plus riche. Les effectifs aussi vont de 5 joueurs sous contrat professionnel à 35 ! »

Dans ces conditions, l’accession à une ProD3 ne pourrait se faire que sur dossier administratif car tous les clubs ne peuvent pas suivre le cahier des charges qui sera forcément très strict. D’ailleurs, après le fiasco du Lille Métropole Rugby (LMR) en 2016, une poule élite réunissant les clubs qui avaient la capacité financière pour viser la ProD2 avait été créée en Fédérale 1.

La saison prochaine, l’OMR tablera sur un budget de 1,5 million d’euros. « A terme, cette ProD3 verra le jour. Mais en ce qui nous concerne, il ne faut pas brûler les étapes. Notre objectif reste toujours la ProD2 dans trois ans. S’il faut passer avant par une 3è division professionnelle, cela ne posera pas de problèmes. Mais pas la saison prochaine », conclut Olivier Gradel.

Pour le moment, le souci principal des dirigeants et techniciens de l’OMR, c’est de savoir quand aura lieu la reprise, toujours liée à l’évolution de la pandémie. La FFR n’a toujours pas fixé les calendriers. Olivier Gradel espère que cette reprise aura lieu en septembre ou octobre. Et surtout pas à huis clos car les recettes provenant de la billetterie et de la buvette sont essentielles pour un club comme l’OMR.

 
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