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Saint-Pol-sur-mer : le cas d'un homme radicalisé, condamné pour consultation de vidéos de Daech et laissé en liberté fait polémique

Le maire de Saint-Pol-sur-mer s'étonne qu'un habitant de la ville ait été condamné pour avaoir consulté des sites et vidéos liés à l'Etat islamique ait été laissé en liberté. 
Le tribunal de Dunkerque.
Le tribunal de Dunkerque. © DENIS CHARLET / AFP
Ce vendredi, au tribunal de Dunkerque, un Saint-Polois comparaissait pour délit de consultation habituelle de sites faisant l’apologie du terrorisme. Le 13 septembre dernier, cet homme qui était surveillé depuis plusieurs mois par les autorités a fait l'objet d'une perquisition à son domicile. Il en est ressorti que Charef Benadji, 33 ans consultait régulèrement des sites liés à l'Etat islamique, regardait des vidéos de décapitation...

Une découverte peu surprenante au regard de ces antécédents. Après les attentats de janvier et novembre 2015, il s'était fait remarquer en félicitant les terroristes et ayant une vive altercation avec l'imam de Saint-Pol-sur-mer. Depuis, il était donc surveillé de près. Et les enquêteurs le suspectaient de vouloir rejoindre la Syrie. La Voix du Nord qui a assisté à l'audience raconte également que Charef Benadji a des liens avec au moins un fiché "S". "À la barre du tribunal, il défend la charia, prône l’usage des armes pour la faire respecter", écrit le quotidien régional.

Le maire écrit au Garde des Sceaux

Le Saint-Polois n'a pas nié être un musulman rigoriste et salafiste mais explique regarder les vidéos de Daech uniquement par curiosité. Le procureur de la République estime, lui, que Charef Benadji est dangereux «  car il n’y a aucune remise en cause chez lui  ». Il requiert dix-huit mois de prison dont un an ferme et un mandat de dépôt. Mais les juges se montrent plus clément et condmane Charef Benadji à à dix-huit mois de prison dont six ferme et une mise à l'épreuve de deux ans. Pendant 24 mois, il ne pourra pas déménager, ni porter d’arme ou quitter la France sans autorisation. Ce vendredi, il est ressorti libre du tribunal de Dunkerque. Une issue qui pose question, fait débat.

Publié par La Voix du Nord Dunkerque sur dimanche 23 octobre 2016

Ce dimanche, Christian Hutin, le maire de la ville, a décidé de prendre la plume pour donner son sentiment : « Je souhaite reprendre pleinement les propos du Procureur de la République à mon compte ; il avoue avoir « des sueurs dans le dos » en raison de la dangerosité de Charef Benadji «  car il n’y a aucune remise en cause chez lui  ». Il n’est pas dans mes habitudes de commenter une décision de justice  ; je ne le ferai pas non plus pour celle-là car je ne dispose pas de tous les éléments. Néanmoins, l’information parue dans les médias pose de très nombreuses questions qui ne peuvent pas rester sans réponse et méritent que l’on s’en préoccupe immédiatement." Le maire MRC de Saint-Pol-sur-mer fait un lien avec l'actualité autour des policiers et poursuit : "Je partage la colère et l’incompréhension qu’ont ressenties les policiers présents à l’audience." Il dit également regretter ne pas être mieux informé en tant que premier magistrat et avoir écrit à ce sujet à Jean-Jacques Urvoas, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice pour lui demander plus de fermeté : "La moindre des fermetés est sans doute la mise en application des peines prononcées."
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