Comment promouvoir l'allemand ? Un congrès de germanistes à Amiens tente de répondre à la question

Environ un quart des collégiens français choisissent l'apprentissage de l'allemand (photo d'illustration). / © Jean-Marc Loos / MAX PPP
Environ un quart des collégiens français choisissent l'apprentissage de l'allemand (photo d'illustration). / © Jean-Marc Loos / MAX PPP

Près de 90 professeurs d'allemand se sont réunis à Amiens pour un congrès, les 21 et 22 octobre, sur le thème "apprendre l'allemand, quel parcours ?". Ces professionnels échangent sur les techniques d'apprentissage, mais aussi sur le manque d'affection des élèves français pour la langue de Goethe.

Par V.P.

Arrivés au collège, les les élèves se voient proposer l'apprentissage d'une 2e langue vivante, un choix qui se résume très souvent entre l'allemand et l'espagnol.

"Aujourd'hui, au niveau 5e, environ 25% d'entre eux choisissent l'allemand. C'est inversement proportionnel aux opportunités d'emploi et de mobilité que peut proposer la maîtrise de cette langue. L'allemand place l'élève dans une position extrêmement favorable, explique Ulrike Zahn, présidente de l'Association pour le développement de l'enseignement de l'allemand en France (ADEAF) et enseignante à Orléans. Elle est accessible à tous, mais il manque une relation affective des jeunes Français vis-à-vis de cette langue, qui souffre encore d'une image un peu caricaturale".

L'association de germanistes, qui regroupe 2 000 adhérents, a choisi Amiens pour son congrès annuel, les 21 et 22 octobre. "Sur proposition de nos réseaux régionaux, nous sélectionnons chaque année une ville différente," explique Thérèse Clerc, membre de l'ADEAF.
 

Davantage d'opportunités d'emploi

Ce congrès national, dont le programme gravite autour du thème "apprendre l'allemand, quel parcours ?", permet aux 90 professuers français et allemands de se retrouver et d'échanger sur les techniques d'apprentissage de la langue de Goethe (pourquoi pas grâce à un Escape game ?), mais aussi sur les difficultés que rencontrent aujourd'hui ces professionnels. 

"Nous avons beaucoup parlé de la réforme du lycée et des nouvelles modalités d'évaluation. Aujourd'hui, nous regrettons n'avoir que trop peu de temps d'enseignement, souligne Thérèse Clerc. Nous avons aussi accueilli des interventions sur le non-choix de l'allemand et comment promouvoir son enseignement. Aujourd'hui, de moins en moins d'élèves choisissent l'apprentissage de cette langue, et les professeurs d'allemand souvent baladés de collège en collège, voire de collège en lycée. C'est difficile de mener un projet avec les élèves dans ces conditions".

Malgré cette désaffection, les professeurs restent très confiants. "Au niveau de l'emploi, la langue allemande est très recherchée. Les entreprises qui proposent des postes germanistes ont bien souvent du mal à les pourvoir, assure Ulrike Zahn. Le réseau franco-allemand est très développé, favorise la mobilité et permet à l'élève d'avoir un parcours très valorisant en vue d'une entrée sur le marché du travail," conclut-elle. Reste à trouver la bonne façon de sensibiliser les collégiens et lycéens. Viel Glück !
 

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