Annulation de la deuxième édition de la marche des fiertés à Amiens en raison de la situation sanitaire

Samedi 19 septembre, plusieurs collectifs organisaient la deuxième marche des fiertés à Amiens. Un événement annulé quelques heures avant en raison de l'accélération de la circulation du virus dans le département de la Somme.

© Patrick Pleul/Maxppp
"En dépit du matériel sanitaire acheté et des équipes de bénévoles mobilisées, nous ne sommes plus en mesure de garantir un faible risque à la hauteur de nos attentes, l'augmentation des contaminations s'accélérant sur le territoire". C'est la raison qu'avancent les sept associations de lutte contre les discriminations envers les personnes LGBTQI+ pour expliquer l'annulation de la deuxième édition de la Marche des fiertés. Une Marche des fiertés organisée samedi 19 septembre dès 13h au départ de la place Léon Gontier à Amiens : 
 
"On a beaucoup travaillé pour organiser cette marche, explique Renaud Stéphan, co-président de l'association amiénoise Flash our true colors qui organise l'événement avec cinq autres collectifs. Forcément, on est très déçus et frustrés d'annuler moins de 24 heures avant le début de la manifestation mais on n'est pas là pour mettre les personnes qui viennent en danger."

Une décision prise à la demande de la préfecture de la Somme, émise vendredi matin. Après une discussion réunissant les associations à l'initiative de la marche (les Bavardes, GAS Solidarité, Translucide, SOS Homophobie, Aides et Flash our true colors), les militant.e.s ont opté pour une annulation pure et simple de l'événement.
 

La Somme, proche du seuil d'alerte


Depuis plusieurs semaines, la situation sanitaire liée au covid-19 se dégrade dans la Somme. Le département est à la limite du seuil d'alerte. Pour qu'un département bascule dans le rouge, il faut que le taux d'incidence dépasse les 50 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Selon les derniers chiffres de l'Agence régionale de santé datant du 13 septembre, la Somme présente un taux d'incidence de 44,9, alors qu'il était de 15,4 le 1er septembre. 

Lors de la première édition de la Marche des fiertés en juin 2019, près de 2000 personnes avaient défilé dans les rues d'Amiens pour défendre les droits des personnes LGBTQI+. Cette année, après un premier report de la date initialement prévue au mois de juin, les organisateurs tablaient sur un milliers de participant.e.s. "La préfecture nous a proposé de reporter l'événement en décembre, mais sur un temps aussi court, c'est compliqué, regrette Renaud Stéphan. Sans compter qu'on s'expose à un nouveau report potentiel et c'est dur de travailler aussi intensément sans résultat."

La lutte pour les droits des personnes LGBTQI+ ne date pas d'hier. Le 28 juin 1969, après une énième descente de police dans un bar gay de New-York, les clients se rebellent. S'ensuivront six nuits d'émeutes et la naissance d'un mouvement mondial en faveur de la tolérance.

Les premières Gay Pride ont permis d'obtenir le Pacs et le mariage pour tous, mais 50 ans après les émeutes de Stonewall, le combat n'est pas terminé. 
 

Pourquoi dit-on désormais LGBTQI+ ?


Le sigle LGBT a remplacé le terme "gay" jugé trop restrictif dans les années 90. Il a été étendu à d'autres catégories de personnes. Le L désigne : lesbienne, le G : gay, le B : bi, le T : trans. Désormais, il convient d'ajouter le Q de queer, le I d'intersexe et même parfois le A de asexuel et enfin le + comme tous les autres.
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