A Drucat, les opposants à la ferme des 1000 vaches dénoncent aussi le glyphosate

Une centaine de personnes ont participé à la sixième "fête anti-1000 vaches" à Drucat, dans la Somme. / © Benoit Henrion / France 3 Hauts de France
Une centaine de personnes ont participé à la sixième "fête anti-1000 vaches" à Drucat, dans la Somme. / © Benoit Henrion / France 3 Hauts de France

A Drucat dans la Somme, l’association Novissen a profité de la "fête anti-1000 vaches" pour dévoiler les résultats des analyses d’urines faites en juin dernier, destinées à détecter la présence de glyphosates. Tous les "pisseurs volontaires" en ont dans leur corps.
 

Par RD avec Colombine Denis

Dimanche 8 septembre, les opposants à la ferme des 1000 vaches, près d’Abbeville dans la Somme, se sont réunis à Drucat pour la sixième édition de leur désormais traditionnelle fête anti-1000 vaches. L’exploitation a démarré son activité il y a cinq ans. Cinq ans pendant lesquels ses opposants sont restés mobilisés. "On continue notre combat contre l’usine à vaches, parce que ce n’est pas ça qu’il faut faire du tout, s’indigne Francis Chastagner, porte-parole de l’association Novissen. Produire du lait ici pour l’envoyer en Belgique pour qu’il soit ensuite envoyé en Afrique ou je ne sais où, c’est absurde !"
 

Du glyphosate dans les urines


Mais la manifestation du jour dénonçait plus largement les dérives de l’agriculture intensive. Avec en ligne de mire les pesticides, et en particulier le glyphosate. En juin dernier à Drucat, 45 personnes, des hommes, des femmes et des enfants, s'étaient portés volontaires pour tester la présence de l'herbicide dans leurs urines, dans le cadre d’une campagne nationale. Sans surprise, tous les résultats, dévoilés ce dimanche, se sont révélés positifs, avec des taux plus ou moins importants.

La famille Schneider a ainsi appris que c’est leur plus jeune enfant qui présente le taux le plus élevé de glyphosate. "On ne sait pas l’expliquer, et surtout on ne sait pas comment protéger nos enfants de ça, déplore Sophie, la maman. On a un jardin qui nous permet d’avoir une grande quantité de nos légumes, sans aucun pesticide, on n’utilise pas de produit chimique, et on a nos poules qui picorent les nuisibles. On essaye de faire extrêmement attention et même avec ça on a des forts taux."
 


Les tests ont été réalisés en présence d’un huissier. La deuxième étape consistera en une action en justice, contre les personnes qui fabriquent et autorisent ces pesticides, explique Dominique Masset, co-président de "Campagne glyphosate, pour une agriculture sans pesticide" :
 

On porte une plainte individuelle, citoyenne, et on veut avoir des citoyens en face pour pouvoir dire "vous êtes responsables de ce qui nous arrive".


La plainte, pour mise en danger de la vie d'autrui et atteinte à l'environnement, sera déposée par les "pisseurs volontaires" le 9 octobre à Amiens, où une campagne d'analyses d'urines vient également d'être lancée.
 

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