Grève des sages-femmes : la maternité de la clinique Victor Pauchet fermée à Amiens

Publié le Mis à jour le
Écrit par M. Lesprit avec L. Broquerie et M. Guiho
La clinique Victor Pauchet, à Amiens, le 19 novembre 2021.
La clinique Victor Pauchet, à Amiens, le 19 novembre 2021. © FTV / L. Pénichou

Depuis jeudi soir, les patientes ne peuvent plus accoucher à la clinique Victor Pauchet. Dans le contexte de grève des sages-femmes, la direction estime ne plus pouvoir les prendre en charge en toute sécurité.

C'est une fermeture à durée indéterminée. La maternité de la clinique privée Victor Pauchet, à Amiens, a cessé ce jeudi 18 novembre au soir d'accueillir les femmes suivies dans l'établissement et sur le point d'accoucher. Une décision, communiquée notamment via les réseaux sociaux, qui fait suite selon la structure à un "mouvement de grève de dernière minute" de ses sages-femmes. Mobilisées depuis le 22 octobre, les 27 professionnelles étaient jusqu'à présent réquisitionnées. 

"Nous avons une incertitude liée aux arrêts maladie qui ne permet pas de garantir, dans les heures ou les jours à venir, la permanence de présence des personnels soignants et notamment des sages-femmes, motive Stéphan de Butler d'Ormond, président du Groupe Santé Victor Pauchet. Sans la garantie de personnels soignants, nous pourrions mettre en risque les patients qui viennent chez nous."

Notre objectif est d’assurer la sécurité des soins. Tant qu’elle n’est pas assurée, nous ne pouvons pas rouvrir.

Stéphan de Butler d'Ormond, président du Groupe Santé Victor Pauchet

Un discours contesté par Céline Marton, salariée de la clinique qui voit dans cette fermeture une façon de "mettre les sages-femmes au pied du mur avec cette responsabilité médicale et émotionnelle qu['elles] port[ent]". "Evidemment on pense à nos patientes : on est au premier rang pour comprendre ce qu'elles peuvent ressentir aujourd'hui", souligne-t-elle, avant d'ajouter : "Cette pénurie de sages-femmes, ce problème d’offre de soins, de toute façon c’est au cœur de nos revendications. Ça n’est que la mise en lumière du problème qu’on dénonce."

Transferts au centre hospitalier

Les femmes sont transférées vers d'autres établissements, en particulier le CHU d'Amiens où deux d'entre elles ont déjà donné naissance. Une prise en charge qui s'est faite "sans difficulté" selon Arthur Foulon, gynécologue-obstétricien au sein du service. Il reconnaît toutefois le surcroît d'activité engendré : "Là, les salles de naissances sont presque pleines, à peu près la moitié des patientes étant suivies initialement à la maternité de la clinique Pauchet."

L'expérience demeure "assez angoissante" pour les futures mamans, nuance Florence Friant, sage-femme au CHU. "C’est un choix au départ, soit d’aller en clinique soit d’aller à l’hôpital, souligne-t-elle. Le projet se construit : elles ont découvert les lieux, elles ont leur référent tant au niveau médecin que sage-femme pour la préparation. Là, elles se retrouvent dans un milieu où elles ne connaissent personne." Mais elle-même se dit, avec ses collègues "tout à fait solidaires" de leurs consœurs. 

Aujourd’hui les sages-femmes ne se sentent plus en sécurité. Elles n’ont plus le sentiment de faire leur travail correctement, d’apporter ce qu’elles ont à apporter aux femmes, et c’est bien là-dessus qu’on demande une révision urgente des décrets et une mise en place urgente de personnel.

Céline Marton, sage-femme à la clinique Victor Pauchet

La profession est en effet mobilisée à travers la France depuis plusieurs mois. Manque de reconnaissance, salaires trop bas, effectifs insuffisants : leurs revendications sont nombreuses. Les sages-femmes de Victor Pauchet entendent donc adresser un courrier au président de la République avant de se rassembler lundi à Amiens, jour où Emmanuel Macron doit s'y rendre en visite

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.