Plan pauvreté : à Amiens-Nord, les crèches sont des leviers vers l'emploi

Le Plan pauvreté dévoilé le 13 septembre par Emmanuel Macron prévoir de créer 30 000 places en crèche en quatre ans, dont une partie sera réservée à des familles en difficulté. Le dispositif existe déjà dans certaines structures comme dans le quartier nord d'Amiens.

Dans le quartier nord d'Amiens, la crèche permet aux parents d'avoir du temps à consacrer à leur recherche d'emploi.
Dans le quartier nord d'Amiens, la crèche permet aux parents d'avoir du temps à consacrer à leur recherche d'emploi. © Élise Ramirez/France 3 Hauts-de-France
Pour certaines mères, les crèches représentent bien plus qu'un accueil pour enfants. Ces établissements sont parfois leur seule solution pour se dégager du temps et trouver un emploi.

L'une d'elles, rencontrée à la crèche Les Petits trésors, au nord d'Amiens, parcourt chaque jours près de 20 kilomètres pour faire garder sa petite dernière. "Pour ma cadette, j'avais galéré parce qu'il n'y avait pas de place en crèche, donc forcément je ne pouvais pas travailler. [Le fait que ma plus jeune fille vienne à la crèche] m'a permis de passer une formation pour être magnétiseur. Maintenant, je suis diplômée," raconte-t-elle.
 

Un manque de place

Un véritable paradoxe plane sur ce quartier, puisque les lieux d'accueil restent rares pour les familles défavorisées. Souvent, les mères au foyer renoncent à demander une place, et ne sont parfois même pas prioritaires. Ici, un tiers des parents ne travaillent pas.

« Faire les démarches avec les enfants c'est pas forcément évident, remarque Émilie Fournier, la directrice du centre multi-accueil amiénois. Et lorsqu'un employeur nous contact pour un poste et qu'on est freiné parce qu'on n'a pas de mode de garde, on appelle partout et qu'il y a des listes d'attente, on est parfois obligés de refuser l'emploi. Ça freine les personnes à reprendre une activité alors qu'elles sont volontaires. »


Un service qui repose sur les subventions

Ce n'est pas un jeu facile de s'adapter, car les enfants peuvent venir un peu d'abord, puis à temps plein, lorsque les parents retrouvent un emploi. Cette souplesse d'accueil est unique dans ce quartier, mais le modèle économique reste fragile aujourd'hui. "Nous aimerions avoir des accueils qui soient un peu plus pérennes, puisque nous fonctionnons grâce aux subventions, indique Karine Grenier, coordonnatrice Léo-Lagrange Nord-Île-de-France. Aurons-nous ces subventions ad vitam eternam ? Nous ne le savons pas."

Si le plan pauvreté prévoit la création de 30 000 places en crèche en 4 ans, les enfants d'Amiens-Nord espèrent surtout pouvoir continuer à grandir tranquillement.
 

Notre reportage à Amiens (Somme)

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