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Un “squat solidaire” pour lutter contre la précarité à Amiens

© J. Arrignon
© J. Arrignon

Depuis une semaine, une quinzaine de personnes dans la précarité ont investi un bâtiment vide appartenant à l’État. Selon le collectif La Brèche et celui du Kass de la Somme, qui sont à l'initiative de cette action, 7 000 logements seraient actuellement vacants à Amiens.

Par Camille Di Crescenzo

Pour lutter contre la précarité, le collectif La Brèche et celui du Kass de la Somme ont décidé d'investir un logement vacant pour en faire un "squat solidaire", situé rue Debray à côté de la maison de Jules Verne à Amiens. Une quinzaine de personnes, chômeurs, SDF, étudiants, travailleurs avec ou sans papiers, s'y sont installées.

Ce bâtiment appartient à l'État, plus exactement au ministère du Travail. Fermé en 2016 depuis le départ du dernier locataire, l'Afpa, le bien est en passe d'être vendu.
 


En attendant, les militants veulent transformer ce squat en un lieu de vie, mais surtout expérimenter un lieu d'entraide, d'autogestion, d'échanges culturels et de rencontres, sur le modèle de la maison Cozette. Ils publieront une programmation sur les réseaux sociaux d'ici quelques jours.
 

Selon le Kass, 7 000 logements seraient actuellement vacants à Amiens
Un chiffre que ne dément pas Jean-Christophe Loric, adjoint au maire d’Amiens en charge du logement pour tous et de l’urbanisme : "À Amiens, on compte 8 à 9 % de logements vacants sur les 70 000 existants, explique-t-il. Ce nombre englobe les logements sociaux et les logements privés. On a conscience du problème, la moitié de ces logements sont vacants car une partie est en cours de relocation, ce qui prend entre 1 à 3 mois et l'autre a besoin d'être réhabilitée." Et d'ajouter : "Ce sont de vraies passoires énergétiques. C'est pour ça qu'on a mis en place des aides". 

À l'Opac d'Amiens, 5 000 logements devraient être réhabilités d'ici cinq ans. "1 500 ont déjà été faits cette année annonce le président de l'Opac qui veut rester optimiste. Plus de 350 logements sont en construction tous les ans. L'accès au logement n'est pas facile mais on essaie de tout mettre en oeuvre pour résorber le problème petit à petit". 
 

Utiliser les bailleurs sociaux pour réhabiliter des logements privés


Malgré les 3 000 euros d'aides dont peuvent bénéficier les propriétaires privés pour réhabiliter un logement en vue d'une location, un sur dix seulement arrive au bout de la démarche. Partant de ce constat, un dispositif vient d'être lancé par la ville d'Amiens pour permettre aux propriétaires privés de bénéficier des moyens techniques et humains de l'Opac. Testé en 2019 sur quelques logements, ce dispositif pourait être développé à plus large échelle en 2020.

"Pas question pour les propriétaires de faire une plus-value grâce à ce dispositif, explique Jean-Christophe Loric.  S'il y a vente du bien, ils devront rendre au bailleur l'aide accordée".  

Autre avantage découlant de ce partenariat, le nombre de logements réhabilités sera forcément plus important. "Quand les artisans qui travaillent avec l'Opac réhabilitent des logements, ils en font plusieurs dizaines d'un coup explique l'élu, ce dispositif assurera aux entreprises beaucoup plus de chantiers. C'est un système vertueux qui nécessite la création d'emplois," se réjouit-il.
 

Notre reportage à Amiens (Somme)

Un "squat solidaire" pour lutter contre la précarité à Amiens
Intervenante : Coralie Douat, membre du collectif "La Brèche" - France 3 Hauts-de-France - Reportage : Maëlys Spetembre et Jérôme Arrignon. Montage : Cédric Delangle.

 






 

 

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