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Après le rejet du plan de reprise, la sucrerie Saint-Louis d'Eppeville paralysée par la grève

Nouvelle journée de mobilisation devant la sucrerie d'Eppeville ce mercredi 20 mars 2019 / © Laurent Pénichou / France 3 Picardie
Nouvelle journée de mobilisation devant la sucrerie d'Eppeville ce mercredi 20 mars 2019 / © Laurent Pénichou / France 3 Picardie

Hier mercredi 15 mai les betteraviers ont présenté au groupe allemand Züdzucker un plan de reprise des sucreries d'Eppeville dans la Somme et de Cagny en Normandie. Une offre rejetée, ce jeudi, 16 mars, une partie des salariés d'Eppeville est en grève depuis 9 heures ce matin. 

Par Halima Najibi et l'AFP

La sucrerie Saint-Louis d'Eppeville, promise à la fermeture, était paralysée jeudi par la grève d'une partie des salariés, qui entendent "faire pression" sur la direction dans le cadre de négociations sur le futur PSE. 
"Nous faisons grève de 09H00 à 17H00, et nous nous rassemblons devant l'usine", à l'appel d'une intersyndicale CGT-FO-CFE CGC, "pour montrer notre mobilisation dans le cadre des négociations en cours sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE)" prévu par Saint-Louis Sucre, et "réclamer de meilleures garanties pour le personnel d'Eppeville", a déclaré à l'AFP Régis Grost, délégué CGT du site.

En fin de matinée, les grévistes n'étaient "pas très nombreux" sur le site, mais l'usine était "totalement à l'arrêt", a indiqué Thierry Bourgeois, délégué FO, disant attendre l'arrivée de l'équipe de jour, qui commence habituellement son service à 13H00.
 
Les salariés de la sucrerie d'Eppeville en grève
Un sujet de Marie-Charlotte Perrier, Auberie Perreaut et Mathieu Krim Intervenants : Régis Bourgeois Délégué syndical FO; Régis Grost Délégué syndical CGT; Eric Rubin Salarié de la sucrerie


 En lien avec la baisse des cours du sucre, la filière française du groupe allemand Südzucker, Saint-Louis Sucre, avait annoncé en février un important plan de restructuration, prévoyant la suppression de 130 postes sur 723 et la fermeture de deux de ses quatre sucreries, à Cagny (Calvados) et Eppeville (Somme), 76 des 126 salariés, dédiés à la production, seraient reclassés à "poste équivalent" dans le site voisin de Roye, les autres étant maintenus sur place, notamment pour assurer des activités de déshydratation et de stockage. 
 

Une offre de reprise rejetée par Südzucker 

Mercredi soir, Südzucker a par ailleurs rejeté la proposition d'une cession aux betteraviers français, qui souhaitaient reprendre les deux sucreries. Selon le géant allemand, elle ne résoudrait pas les problèmes de surproduction. L'arrêt de la production à Eppeville et Cagny doit permettre de renforcer les sites de Roye (Somme) et d'Etrépagny (Eure).


"On s'y attendait, même si une partie du personnel avait encore un peu d'espoir", a commenté Régis Grost. Mais "le marché du sucre a toujours été cyclique, Südzucker a les reins solides et aurait largement pu attendre la remontée des prix et garder les sites", a-t-il critiqué.

"Ce qu'on veut maintenant, c'est que ceux qui refuseront d'être transférés sur le site de Roye puissent rejoindre le PSE, avec les mêmes conditions que les salariés de Cagny, (...) que ceux qui partent à Roye bénéficient de meilleures mesures d'accompagnement (indemnités kilométriques, aide au déménagement...), et que des mesures soient prévues pour ceux qui restent", a plaidé le syndicaliste. 

 Alors que le groupe "ne prévoit pas d'augmenter la production à Roye, les salariés sont inquiets, se demandent ce qu'ils vont faire là bas, s'ils vont garder le même métier, et veulent des réponses", a-t-il ajouté.



 

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