Des employés de l'usine Saint Frères Confection de Flixecourt en grève après l'annonce de plusieurs licenciements

Publié le Mis à jour le
Écrit par Narjis El Asraoui .

Des employés de l’entreprise Saint-Frères Confection de Flixecourt étaient en grève jeudi 7 juillet. Sur les 15 employés que compte l’entreprise textile, 7 sont menacés de licenciement.

"SIOEN, plein de pognon et nous on l’a dans le fion", pouvait-on lire jeudi 7 juillet sur la banderole installée par des employés de l’usine Saint-Frères Confection, propriété du groupe belge SIOEN.

Une quinzaine d’actuels et d’anciens salariés de l’entreprise spécialisée dans les tissus de camouflage et le traitement de textile technique ont manifesté devant l’usine Saint-Frères de Flixecourt après l’annonce fin juin de sept licenciements. Trois d’entre eux ont reçu dans la matinée du jeudi 7 juillet leur notification de licenciement par voie postale.

Elsa Ribeiro, syndiquée CGT et soudeuse dans l’entreprise est concernée par ces licenciements : "il y avait cinq soudeurs dans l’entreprise, ils ont supprimé tous les postes", déplore-t-elle.

L’entreprise propose aux employés licenciés un congé de reclassement de 4 mois de salaire et 65% d’indemnisation. "Nous on réclame 18 mois et 85%, avec une prime de licenciement de 15 000€", résume Elsa Ribeiro, titulaire dans l’entreprise depuis plus de six ans. Ce que craignent les salariés de l'entreprise c'est la difficulté de retrouver un emploi dans un territoire "sinistré" comme celui de Flixecourt. "Surtout à nos âges, c'est plus difficile", regrette la syndicaliste.

Les salariés ont été reçus par la responsable des ressources humaines qui s’est dite, selon l’employée "pas fermée à la négociation au cas par cas", mais hors de question pour Elsa Ribeiro : "on reste en collectif". Elle annonce que le mouvement se poursuivra.

Contactée, la direction de l’entreprise n’a pour le moment pas donné suite à nos sollicitations.

Un ancien fleuron de la région

À son apogée, Saint Frères, entreprise textile, spécialisée en tissage de toile de jute comptait treize usines, dans lesquelles 11 000 ouvriers étaient employés, dont 9 000 pour le seul département de la Somme. C’était la première entreprise industrielle et le premier employeur du département avec des sites à Abbeville, Amiens, Doullens, Flixecourt, Gamaches, ou encore Longpré-les-Corps-Saints.

En 1969, l’entreprise est rachetée par le groupe Agache-Willot qui dépose le bilan en 1981. Bernard Arnaud achète Boussac-Saint frères avant de la céder en 1988 à la société Prouvost SA, mise en liquidation en 2000.

Aujourd’hui Saint-Frères Confection, propriété de Sioen Industries ne compte plus que quinze salariés, dont les sept qui devraient être licenciés.

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