Hauts-de-France : près de 4 000 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2018

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D’après les chiffres de l’association GSC, 3 881 entrepreneurs se sont retrouvés au chômage en 2018 dans les Hauts-de-France. Le plus souvent, les anciens chefs d’entreprise ne touchent aucune allocation.
 

Par Richard Duclos

En 2018 dans la région Hauts-de-France, 3 881 entrepreneurs se sont retrouvés au chômage. Un chiffre qui représente près de 8% des pertes d’emploi des dirigeants d’entreprise en France, d’après l’association GSC et la société Altares, qui dévoilent les chiffres de leur Observatoire de l’emploi des entrepreneurs.

Pour trois des cinq départements du territoire, le nombre d’entrepreneurs ayant perdu leur activité a augmenté : dans la Somme, ils sont 299 dans cette situation, soit 17,7% de plus qu’en 2017. Dans le Pas-de-Calais, l’augmentation est de 6,8%, avec 926 entrepreneurs impactés. Dans l’Aisne enfin, 325 chefs d’entreprise ont été concernés, soit une hausse de 0,9%.

Comme l’année précédente, trois secteurs d’activité sont particulièrement touchés. Celui du commerce d’abord, puis celui de la construction, et celui de l’hébergement, restauration et débits de boisson. À eux trois, ils concentrent plus de la moitié des pertes d’emploi de la région Hauts-de-France en 2018 (65,6%).
 

 

Pas de prise en charge par Pôle emploi


Renaud Boudry, 45 ans, fait partie de ceux qui ont mis la clé sous la porte. Cet habitant de Wasquehal près de Lille dans le Nord, avait créé deux sociétés dans le domaine de la maroquinerie. En quinze ans d’activité, il a ouvert une dizaine de boutiques réparties dans la région, et deux sites web pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros. Mais la crise des subprimes est passée par là. Et la concurrence d’Internet a enfoncé le clou : "J’ai tenté d’être présent sur la toile moi aussi, mais cela n’a pas suffi", raconte l’ancien chef d’entreprise. Les difficultés se sont accumulées, parfois liées aux circonstances : à Amiens, baisse de la fréquentation dans sa boutique à cause des travaux des Halles du beffroi, même baisse à Rouen après l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray… Après quatre ans de procédures judiciaires, Renaud Boudry a finalement été à court d’options.

Dans son malheur, lui avait néanmoins eu le réflexe de prendre une assurance-chômage. "Quand on est en difficulté, ce n’est pas forcément évident de le faire, étant donné le coût supplémentaire", reconnaît-il. Mais sans cela, les patrons n’ont droit à aucune prise en charge en cas de chômage : "Et cela, beaucoup l’ignorent, note Renaud Baudry. Beaucoup pensent qu’ils seront indemnisés, sans savoir qu’ils n’auront droit à rien s’ils n’ont pas volontairement souscrit à une assurance."

Aujourd’hui, l’ex-chef d’entreprise a retrouvé un emploi, après une réorientation vers le coaching d’entreprise. Un changement de parcours parfois délicat, surtout si l’on se retrouve au chômage à un certain âge. Or en 2018 en France, plus du tiers des dirigeants touchés par la perte de leur emploi a plus de 50 ans.

 

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