Tuerie du musée juif de Bruxelles : le Roubaisien Nemmouche a-t-il été "missionné" par Abdelhamid Abaoud ?

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Écrit par Q.V avec AFP

Une avocate a accusé Mehdi Nemmouche d'avoir été en étroit contact avec l'un des auteurs des attentats de Paris.

Mehdi Nemmouche a été "missionné" par le Belge Abdelhamid Abaaoud, l'un des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, pour commettre la tuerie du musée juif de Bruxelles l'année précédente, a affirmé mercredi une avocate au procès du jihadiste français.

Les investigations sur ce quadruple assassinat perpétré le 24 mai 2014 ont mis en évidence des contacts entre deux téléphones attribués à Nemmouche et Abaaoud en janvier 2014, quand le premier s'apprête à quitter la Syrie, où il est soupçonné d'avoir combattu avec le groupe de l'Etat islamique (EI).

Mais jamais les enquêteurs n'en sont pour autant arrivés à la conclusion tirée par Me Michèle Hirsch, avocate du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès.
 
Lors d'un coup de téléphone le 16 janvier 2014, a affirmé Me Hirsch, "Mehdi Nemmouche est missionné par Abaaoud pour venir tuer au musée juif et on va lui donner les moyens de le faire (...) les vêtements, les Asics".

 

Un appel de 24 minutes

"À la suite de l'entretien, il va aller, de Syrie, [se connecter] sur le site du musée juif" pour un premier repérage, a ajouté l'avocate.

Elle s'appuie sur les appels et connexions enregistrés sur un téléphone turc, dont les enquêteurs estiment qu'il a été utilisé depuis la Syrie par Nemmouche en janvier.
 
Le 14 janvier, il tente de joindre sa grand-mère en France avec ce téléphone et deux jours plus tard, le 16, le même numéro est appelé pendant 24 minutes par un téléphone belge attribué à Abdelhamid Abaaoud (alors en Belgique peu avant son retour en Syrie).

 

Une "mission" confiée par Abaoud

Ce long échange est, aux yeux de Me Hirsch, la preuve de la "mission" confiée par Abaaoud, présenté comme un des supérieurs de Nemmouche dans la hiérarchie de l'EI.

Mais selon un procès-verbal versé au dossier de la tuerie, auquel l'AFP a eu accès, le numéro turc attribué à cette époque à Nemmouche "a pu être utilisé par l'un des nombreux autres" membres de l'unité de combattants à laquelle le Français appartenait.
 
Abdelhamid Abaaoud, soupçonné d'avoir combattu avec l'EI en Syrie dès 2013, au même moment que Mehdi Nemmouche, a été abattu par la police française près de Paris cinq jours après les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts), dont il aurait été un des organisateurs.

Mehdi Nemmouche, 33 ans, encourt lui la réclusion à perpétuité au procès ouvert à Bruxelles le 10 janvier. Le verdict est attendu début mars.