VIDÉO. Après le suicide de Christine Renon, un directeur d'école de Waziers témoigne de son quotidien

Bruno Robin est directeur d’école à Waziers, près de Douai / © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Bruno Robin est directeur d’école à Waziers, près de Douai / © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Une marche blanche était organisée ce samedi à Pantin (93) pour rendre hommage à Christine Renon, directrice d’école qui s’est donné la mort il y a deux semaines. Derrière le choc, des directeurs d’établissements témoignent de leur quotidien. 
 

Par N.C

“Un directeur d’établissement, ça sert à vérifier qu’il y a du papier dans les toilettes, à déneiger la cour, à mettre en place les directives pédagogiques”, énumère Bruno Robin, directeur d’école à Waziers, près de Douai (Nord), depuis 19 ans. Comme beaucoup d’autres, il était venu, jeudi à Lille, rendre un dernier hommage à Christine Renon, directrice d’école à Pantin qui s’est donnée la mort le lundi 23 septembre.

La femme de 58 ans a laissé derrière elle une lettre, dans laquelle elle mettait en cause le quotidien de directeur d’établissement. 
 

“La pédagogie, on n'en parle plus du tout quand on est directeur d’école. On est juste sur de l’administration, du management et sur la réponse aux soucis quotidiens”  Bruno Robin.

 
Bruno Robin, directeur d'école : "La pédagogie, on en parle plus du tout"


"Du temps et des moyens"


Dans sa lettre, Christine Renon parlait de solitude. Une formule reprise par Bruno Robin : “On est face à une somme de problèmes pour lesquels il faut répondre très rapidement."  Et de reprendre :  "le directeur n’a pas d’instances de concertation. C’est simplement lui et son bon sens, sa connaissance et son expérience des choses”

Comme tentative de réponse au drame, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé la mise en place d’un comité de suivi pour les directeurs d’écoles. Pour le syndicat SNUipp, c’est insuffisant pour changer la situation. “Nous demandons une meilleure formation, ça passe par une aide administrative, une augmentation de leur volume de décharge et une reconnaissance salariale : du temps et des moyens”, résume un représentant syndical. 
 

Le collectif des directeurs et directrices d’écoles à Pantin a signé une tribune pour faire part de leur indignation et faire reconnaître la souffrance au travail de cette profession. 

 

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