• MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • SPORT
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

VIDÉO. Procès des suicides à France Télécom : un ancien salarié nordiste témoigne

© FRANCK FIFE / AFP
© FRANCK FIFE / AFP

Yves Minguy, employé modèle et à la tête d'une équipe de 22 personnes, s'est retrouvé muté du jour au lendemain.

Par Quentin Vasseur

C'est un procès inédit qui s'est ouvert lundi au tribunal correctionnel de Paris : dix ans après la vague des suicides à France Télécom, l'entreprise et ses ex-dirigeants, au premier rang desquels son ancien patron Didier Lombard, sont jugés pour "harcèlement moral".
 

"Le but du jeu, c'était d'abaisser les gens et de les descendre"

Un "management de la terreur" que dénoncent les employés et qui a poussé 39 salariés à se donner la mort et 12 autres à tenter de mettre fin à leurs jours.
 

Ancien salarié de France Télécom, Yves Minguy attendait ce procès depuis longtemps. Ce Nordiste était cadre informatique à Lens pendant une trentaine d'années, responsable à Lens. Puis un jour, alors que la direction décide de supprimer 22 000 postes sur 120 000 en trois ans, sans licenciement, ce salarié modèle se retrouvé muté à Villeneuve-d'Ascq.

 

"Qu'ils nous demandent pardon, ce serait encore mieux"

"J'étais nominé au prix d'innovation,  et puis un beau jour au matin, on m'a dit : 'Ben non, t'arrêtes tout, tu vas sur un plateau, tu vas avec ton téléphone.' Le but du jeu, c'était d'abaisser les gens et de les descendre, quoi !"
 
Procès des suicides à France Télécom : "Ce qu'on attend, c'est une reconnaissance"
Yves Minguy, ancien cadre France Telecom - France 3 Nord-Pas-de-Calais - Reportage d'Hélène Tonneillier et Clément  Weill-Raynal. Montage de Valérie Biville

Dix ans plus tard, Yves espère beaucoup de ce procès. "Ce qu'on attend, c'est une reconnaissance. On attend qu'ils nous disent qu'il y a eu des bévues, qu'il y a eu des erreurs, qu'il y a eu des conneries de faites. Ça, c'est le minimum."

"Après, qu'ils nous demandent pardon, ce serait encore mieux", ajoute-t-il. "Qu'il y ait une condamnation, ce serait encore mieux, mais au moins qu'ils nous disent qu'il y a eu des conneries, qu'il y a eu de choses qui étaient mal faites, c'est tout. Faut quand même regarder les choses comme elles sont."
 

Sur le même sujet

Le maître ébéniste Jean-François Ogier

Les + Lus