Vidéo. Cette commune du Centre-Bretagne ne veut pas devenir un désert médical

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Écrit par S.B. (avec Myriam Thiebaut)
La pharmacie de Glomel cherche désespérément un repreneur ©M. Thiébaut, J.M. Seigner / FTV

À Glomel, dans le Centre-Bretagne, la pharmacie du bourg est à vendre depuis 2016, mais elle ne trouve pas preneur. Dans ce petit bourg rural de 1 400 âmes, l’inquiétude gagne. La présence de la croix verte rassure les habitants et les autres professionnels de santé. Et la mairie a dans ses cartons un projet de maison médicale.

"Ici, on a une patientèle sympa et agréable, une équipe formidable. On a le lac d’un côté, le canal de l’autre… " Christine Le Mouel, la propriétaire de la pharmacie de Glomel n’est pas à court d’arguments, mais elle commence à se tracasser. 

A 68 ans, elle souhaiterait partir à la retraite. Elle a mis son officine en vente en 2016, il y a six ans. Depuis, elle a eu deux visites de personnes intéressées. Au fil des mois, Christine Le Mouel a baissé le prix de son établissement. Elle ne demande plus que 100 000 euros et se dit même prête à "la donner parce que pour la population s’il n’y a plus de pharmacie, c’est dramatique."

 1 700 pharmacies de moins en France depuis 10 ans



"Aujourd’hui, il manque 15 000 pharmaciens en France", explique la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF ).

On compte 21 000 officines dans notre pays, cela fait en  moyenne, 32 pharmacies pour 100 000 habitants. Mais en 10 ans, 1 700 pharmacies ont fermé leurs portes, 24 dans le seul département des Côtes d'Armor. Et dans les universités, à la rentrée, il manquait 30% d’étudiants en deuxième année de pharma.

900 000 euros de chiffre d'affaires

"Le métier manque d’attractivité", constate Christine Le Mouel. "Et puis nous sommes dans une petite officine dans un bourg rural. Maintenant, ils veulent peut-être plus gros. "

La pharmacie n’a pourtant pas à rougir de son chiffre d’affaires. "900 000 euros, ce n’est pas rien." Avec la pandémie, elle avait espéré que les gens aient envie de campagne, "mais ça n’a rien changé, " soupire-t-elle. "Il manque la mer ! "

Une population qui a besoin de soins

Alors que l’épidémie de grippe gagne la Bretagne, les clientes de la pharmacie disent tout leur attachement à l’officine. "C’est rassurant quand on a besoin de quelque chose, on sait que l’on peut venir à tout moment", explique Marie, une jeune mère de famille de la commune.

La pharmacie la plus proche est à 7 kilomètres. "Tant qu’on peut se déplacer, ça va, mais tout le monde ne peut pas", confirme une autre habituée. "C’est très important une pharmacie.

Viviane Dauny, l’infirmière libérale qui exerce sur la commune le constate tous les jours, la population du Centre-Bretagne a besoin de cette pharmacie. "La pharmacienne connaît bien la population, c’est très important pour les traitements, certaines informations sont nécessaires."

"Oui, les besoins sont importants, insiste Thierry Troël, le maire de la commune. Sur le territoire du Centre-Bretagne, il y a 30% de patients qui renoncent partiellement, ou totalement, aux soins."

L’élu souhaite sécuriser l’offre de soin. La commune compte un médecin, des infirmières, des paramédicaux et recherche d’autres professionnels pour sa maison de santé. "La présence de la pharmacie consolide le fait que d’autres professionnels de santé pourraient vouloir venir s’installer chez nous."

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