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“Pratiquer le VTT n’est pas un crime !”, une association dénonce les pièges, interdictions et discriminations qui menacent la discipline

C'est un fait reconnu aujourd'hui, les vététistes sont de moins en moins les bienvenus sur les sentiers. Si la Franche-Comté semble épargnée par des actes d'incivilité voire criminels envers les pratiquants, la découverte de pièges sur les parcours n'est plus un fait isolé et rare. 

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L'association Mountain Bikers Foundation constate depuis deux ans une croissance des actes discriminants à l'encontre des pratiquants de vélo tout terrain. Pointes disposées au sol, fil de fer tendu le long des chemins ou barbelés tels sont les objets que l'on peut parfois rencontrer sur les chemins. Leur but : nuire et dissuader les vététistes.

Pour Cathy Naveaux, coordinatrice nationale de l'association, il était temps de réagir afin de retrouver un peu de sérénité. Le Var, les Vosges et les sentiers autour d'Annecy sont les plus touchés. "Nous avions une dizaine de plaintes sur l'année 2020 mais nous avons déjà dépassé ce chiffre entre septembre et décembre 2021. Cela traduit bien que se problème se développe sachant que la grande majorité des pièges découverts ne sont pas signalés" explique-t-elle.

C'est la raison pour laquelle Mountain Bikers Foundation a tenu à lancer le 4 mars 2022 un manifeste. Le but est de montrer que la nature appartient à tout le monde et qu'il convient de respecter chacun de ces pratiquants. Chacun peut y apposer sa signature en s'engageant ainsi à une pratique responsable du VTT. 

 

Selon Mountain Bike Foundation, trop de gens pensent que le VTT est une pratique dangereuse et irrespectueuse de l'environnement. Cathy Naveaux précise pourtant qu'aucun accident entre un vététiste et un promeneur n'est à déclarer en France. "Beaucoup de gens pensent que le VTT est interdit sur les sentiers ce qui n'est pas le cas. Certaines communes mettent en place des arrêtés d'interdiction de la pratique, mais ils sont rejetés en justice car discriminatoires"

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De la même manière, on accuse les adeptes du mountain bike d'abimer les sentiers de randonnée. Des études ont été menées à cette occasion par la Mountain Bikers Foundation. Les résultats sont sans appel. Les pratiquants de ce sport représentent seulement 4% des personnes sur les sentiers, et l'érosion induite par l'activité est la même que celle des marcheurs. 

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La Franche-Comté est pour le moment épargnée

Aucun n'accident n'est à déplorer à ce jour dans la région à cause de piège destiné au vététistes. 

Le sénateur Cédric Perrin, sénateur Les Républicains du Territoire de Belfort, avait  alerté dans une question écrite la ministre des sports sur la prolifération des pièges « anti-vététistes ». Pratiquant assidu sous le maillot de « passion VTT Beaucourt » il avait demandé que l'on procède à un état des lieux national concernant cette situation très inquiétante. Cependant deux ans après, le phénomène c'est amplifié sur le territoire. 

Fils et câbles tendus, planches à clous enterrées ou dissimulées sous les feuilles, tessons de verre, rochers déplacés en sortie de virage, les vététistes subissent un nombre croissant d'actes malveillants dont les conséquences peuvent être naturellement très graves. Cette tendance semble s'amplifier au regard des nombreux témoignages relayés tant par la presse spécialisée que par les forums dédiés à la pratique du vélo tout terrain (VTT).

Cédric Perrin, Sénateur du Territoire de Belfort

Eduquer les pratiquants du VTT

Pour éviter les conflits, il convient souvent de se montrer respectueux envers les autres pratiquants de la nature. 

Vincent Alarcon, est un vététiste confirmé. Il encadre des pratiquants du Club Alpin de Besançon. En tant que responsable de la Commission Sécurité, il est primordial selon lui de répéter à chaque participant l'attitude à avoir durant une sortie en vélo. C'est par là que passe le respect de cette activité sportive. 

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"La première marque pour se faire accepter est de dire bonjour aux gens que l'on croise" selon Vincent Alarcon. Ensuite, il faut garder à l'esprit que le piéton reste prioritaire mais qu'il n'a pas le droit d'interdire la présence d'un VTT sur un chemin de randonnée. Pour chaque problème le meilleur moyen de le régler reste une discussion courtoise. L'encadrant insiste aussi sur les gestes qu'il convient d'éviter. "Faire un dérapage en freinant est un geste anodin pour nous, mais il ne l'est pas pour un piéton. Sur la route cela signifie une perte de contrôle du véhicule et cela peut lui faire peur. Du coup pour ceux qui veulent pratiquer la descente, il faut absolument le faire sur des sites adaptés comme c'est le cas dans la station de Métabief" dans le Haut-Doubs suggère Vincent Alarcon.

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