Eric Vannier condamné à 30.000 euros d'amende dont 20.000 avec sursis pour prise illégale d'intérêt

Publié le Mis à jour le
Écrit par Marc Sadouni

Le maire du Mont-Saint-Michel,a été reconnu coupable en correctionnelle à Coutances d'avoir usé de son statut d'élu pour que le point de départ des navettes qui transportent les touristes depuis la côte jusqu'au site se trouve devant des établissements qui lui appartiennent.

Présent à l'énoncé du délibéré, le maire a déclaré qu'il entendait "réfléchir" à la possibilité de faire appel, tout en jugeant la peine "modérée". "Depuis 30 ans j'ai toujours défendu l'intérêt général du Mont-Saint-Michel", a-t-il affirmé, "je considère dans ce dossier que je n'ai rien à me reprocher."

Reportage à Coutances de Margot Loisillon et Joël Hamard

Intervenants:
Eric Vannier Maire du Mont-St-Michel
Jean-Pierre Gouedard Avocat de Patrick Gaulois



Lors de l'audience, le 30 novembre, le Parquet avait requis six mois avec sursis et 30.000 euros d'amende à l'encontre de l'élu, âgé de 60 ans. Il encourait une peine maximale de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.
Ce procès faisait suite à une plainte de son rival politique et commercial sur le rocher Patrick Gaulois (ex-UMP), maire entre 2001 et 2008, et qui n'était pas présent ce matin à l'audience.

En dehors de cette parenthèse, M. Vannier est, lui, maire depuis 1983. Tous deux présents à l'audience en novembre, les deux rivaux s'étaient à peine regardés.
"Le point de départ des navettes est exactement au milieu de deux établissements gérés par M. Vannier. L'intégralité des flux de touristes passe devant", avait souligné le procureur de la République, Renaud Gaudeul.
M. Vannier "n'aurait jamais dû participer" le 6 octobre 2009 au vote du syndicat mixte qui a conduit à fixer ce point de départ à cet endroit, car "évidemment" cette décision a "une incidence directe sur ses commerces", avait-il ajouté.
L'avocat de M. Vannier, Me Richard Valeanu, avait demandé la relaxe et jugé les réquisitions "extrêmement lourdes".

Les navettes au coeur de la polémique

Depuis le 28 avril 2012, dans le cadre du projet de désensablement et de retour à l'insularité du site, des navettes mènent de la côte au Mont-Saint-Michel car les touristes ne peuvent plus se garer au pied du rocher.
Le syndicat mixte qui gère le projet, présidé par le président PS de la région Basse-Normandie, Laurent Beauvais, a annoncé fin octobre négocier avec Veolia, en charge des navettes, une modification d'ici juin de ce point de départ, jugé trop éloigné du site.
Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le Mont-Saint-Michel attire entre 2,5 et 3,5 millions de touristes chaque année mais a vu sa fréquentation baisser depuis la mise en place des navettes.