Nucléaire: les plans d'urgence "inopérants" dans la Manche à cause de la TNT ?

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Écrit par Marc Sadouni

Plusieurs élus locaux du Nord-Cotentin vont jusqu'à envisager l'arrêt du paiement de la redevance télé.

Patrick Fauchon le maire PS de Flamanville, rejoint par plusieurs autres élus, assistait ce matin à la commission locale d'information (CLI) qui rassemble industriels, élus, écologistes, du site de Flamanville,

Ils ont vivement regretté que les plans d'urgence prévus pour la population en cas d'accident nucléaire soient compromis par des problèmes de réception TV, dans un département qui concentre le plus de sites nucléaires en France.

"Il faut dire clairement aux gens que les consignes de sécurité en cas d'accident nucléaire: se confiner chez soi et écouter télévision et radio, c'est absolument inopérant. On ne progressera que si on arrête de payer tous nos redevances"




La zone de Beaumont-Hague, à une vingtaine de km de Flamanville, et où se trouve l'usine Areva, qui concentre le plus de matière radioactive en Europe, est tout autant concernée, selon les élus. Ces derniers ont alerté plusieurs ministres mais "la situation est toujours la même depuis presqu'un an et demi: la réception TV n'est pas opérationnelle", a ajouté M. Fauchon.

Selon des élus de la Hague, les 25.000 personnes vivant dans les cantons de Flamanville et de la Hague ont des problèmes permanents ou intermittents de réception télé. 
Le problème est dû à une surpuissance des émetteurs anglais, selon le Conseil Général. Les premières difficultés sont apparues lorsque la Normandie est passée à la télévision numérique.


La seule solution proposée est un remboursement partiel d'une antenne satellite. "On ne peut pas accepter cette réponse", a lancé Odile Thominet maire UMP de Surtainville, à 11 km de Flamanville. Mme Thominet rappelle que, lors de l'épisode neigeux de mars, elle s'était retrouvée coupée du monde car même sa radio ne captait pas.

La CLI a par ailleurs voté à l'unanimité une motion pour l'implantation de bornes de mesures de doses de radioactivité sur les communes proches des sites nucléaires et accessibles à tous.
La CLI espère étendre la même démarche aux 602 communes du département.

Source: AFP