Un congrès à suspense pour les écologistes, samedi, à Caen

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) doit élire sa nouvelle direction, l'incertitude est de mise.

Par MS Avec AFP

Lors du vote des militants le 16 novembre, la motion "pour un cap écologiste" soutenue par la direction sortante, dont les ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin mais aussi les chefs de file d'Europe Ecologie-Les Verts à l'Assemblée Nationale et au Sénat, est arrivée en tête mais avec moins de 40% (38,29%).

Un score modeste au regard des noms des signataires. Dès lors, elle était contrainte de négocier avec les autres motions, "La motion participative" (LMP) d'Yves Cochet et Alain Lipietz, plus à gauche (20,58%), "Via écologica ! s'ouvrir à la société, partager l'écologie" (17,07%), "Là où vit l'écologie" (LOVE) d'Eva Joly, ancienne candidate à la présidentielle (8,76%), "Avenir écolo" (6,30%), "Déterminé-e-s" (4,14%) et "Objectif Terre" (3,47%).
Emmanuelle Cosse / © AFP: JOEL SAGET
Emmanuelle Cosse / © AFP: JOEL SAGET

En quinze jours, aucun accord n'est intervenu, de sorte que les pronostics vont bon train, même si Emmanuelle Cosse, soutenue par Cécile Duflot et tout l'appareil du parti, reste bien placée.

"Le congrès est très ouvert et jusque samedi matin, ça négociera", prévient Yves Cochet. "Le jeu est ouvert", renchérit Christophe Rossignol de la motion "Via écologica!".


Les écologistes qui, pour la première fois de leur histoire comptent deux ministres et deux groupes parlementaires, pâtissent , comme membres de la majorité, de la baisse de popularité de François Hollande et du gouvernement. "La motion participative", arrivée deuxième lors du vote des militants, est la plus critique envers la participation au gouvernement.
"Les militants sont déçus de l'absence de résultats probants du gouvernement", explique ainsi Karima Delli. "On est revenu aux Verts pastèque" (vert dehors rose dedans).

"La période est difficile et difficile pour tout le monde à gauche", reconnaît Emmanuelle Cosse, conseillère régionale d'Ile de France. En interne, le parti a aussi souffert du départ de personnalités comme Daniel Cohn-Bendit ou Noël Mamère, qui avait dénoncé "la firme" à la tête d'EELV, mais aussi de l'annonce de Pascal Durand, secrétaire national, de ne pas se présenter à sa propre succession. "Pascal aurait fait un carton", assure un cadre.

La motion "Via écologica !" est plus critique envers la direction actuelle. "Le parti est un bateau ivre", explique Christophe Rossignol pour qui il faut une "rénovation, une clarification".
Jean-Vincent Placé / © AFP: ALAIN JOCARD
Jean-Vincent Placé / © AFP: ALAIN JOCARD

La motion majoritaire va devoir "faire la synthèse" si elle veut remporter le congrès. Le président des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé, un des piliers de "pour un cap écologiste" se dit pourtant "satisfait" des 38,29%, tout comme Emmanuelle Cosse. Il espère faire "une synthèse générale". "Nous avons entendu le message demandant plus de débat démocratique", déclare J.V. Placé, tout en assurant "rester ferme". "On est dans la discussion avec tout le monde", précise-t-il. "On ne peut pas être dans une logique de division à quatre mois des municipales", ajoute le sénateur de l'Essonne.

Les élections municipales et européennes seront le prochain défi pour les écologistes alors que le dernier coup de théâtre a été le renoncement lundi soir de Dominique Voynet à se représenter à la mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis), égratignant au passage les partenaires socialistes. Montreuil était la seule ville de plus de 100.000 habitants dirigée par les écologistes.

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