Brexit sans accord: la France “commence à envisager” l’arrêt de bateaux de pêche

L'accord "de bon voisinage" entre les pêcheurs britanniques et leurs homologues de l'Union européenne pourrait être prolongé jusqu'à fin 2020 / © MARCEL MOCHET / AFP
L'accord "de bon voisinage" entre les pêcheurs britanniques et leurs homologues de l'Union européenne pourrait être prolongé jusqu'à fin 2020 / © MARCEL MOCHET / AFP

La perspective d'un Brexit sans accord semble de plus en plus plausible. Or, un grand nombre de bateaux français et européens vont pêcher dans les eaux britanniques. Selon le ministre de l'agriculture, la France envisage "des solutions sociales d'arrêt de bateaux".

Par CM et AFP

Après avoir rejeté la dernière mouture de l'accord de sortie de l'Union Européenne présenté par Thérésa May, le parlement britannique doit se prononcer ce mercredi 13 mars sur la possibilité d'une sortie du Royaume-Uni sans accord. Dans les zones littorales, outre la question des contrôles douaniers, cette perspective constitue une menace sur une activité économique importante : la pêche. La commission européenne a proposé en janvier dernier des mesures d'urgence pour maintenir le statu quo au moins jusqu'à la fin de l'année. La France se projette déjà au-delà et anticipe de lourdes conséquences sociales sur ce secteur d'activité.
 

"Il se peut que le "no deal" empêche tous les pêcheurs européens d'aller pêcher dans les eaux territoriales britanniques. Ce serait un drame parce que beaucoup de nos pêcheries pêchent dans ces eaux, et il n'y pas du tout d'autre possibilité de report ailleurs. Donc, nous avons commencé à envisager des solutions sociales d'arrêt de bateaux", a déclaré Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture et de la pêche chez nos confrères de Sud Radio.
 

"pas question que la pêche soit la variable d'ajustement du Brexit"

Car "des bateaux (français, ou d'autres nationalités européennes, NDR) qui vont pêcher dans les eaux territoriales britanniques plus de 50 ou 60% de leur pêche, n'auront plus le droit de le faire" a-t-il précisé. M. Guillaume a néanmoins précisé qu'il "faisait confiance" aux pêcheurs pour trouver un accord à terme.
    
Quoi qu'il arrive, la Grande-Bretagne "restera une île à 22 kilomètres de Boulogne-sur-Mer, elle ne va pas partir, donc il faudra bien qu'il y ait des accords économiques avec les Britanniques, y compris pour la pêche" a-t-il souligné, en rappelant la position d'Emmanuel Macron selon qui il n'est "pas question que la pêche soit la variable d'ajustement du Brexit".
  

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