L'errance des réfugiés et le cran des reporters

© AFP Aris Messinis
© AFP Aris Messinis

Boat-people de Méditerranée, réfugiés syriens, l'errance forcée s'impose aux consciences pour la 23ème édition du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre  jusqu'au 9 octobre. Avec ce soir, un documentaire sur le journaliste James Foley, exécuté publiquement par Daesh. 

Par Stéphanie Potay

Depuis lundi, comme depuis 23 ans chaque année, Bayeux vibre au rythme du reportage. Du grand reportage. Ici, on ne fait pas dans l'information jetable, vite consommable, vite oubliée. La ville s'est parée de photographies, en grand format et dans son horreur, le monde tel qu'il est. Et puis il y a des expos qui zooment sur une horreur plus qu'une autre. Edouard Elias nous raconte ainsi  les boat-People de la Grande Bleue, en noir et blanc. Ces Lybiens qui tentent l'exil sur des canots pneumatiques made in China, ces mêmes canots qu'on utilise pour faire des ronds dans l'eau dans nos piscines chlorées. Edouard Elias avec son appareil photo porte leur voix au-delà des murs que l'Europe dresse. 

Le regard d'Edouard Elias sur les boat-people de Méditerranée

Un million de réfugiés en Europe en 2015


« La crise en Irak et en Syrie et ses conséquences, avec l’afflux de réfugiés, est une dominante », a indiqué à l’AFP Aurélie Viel, la responsable de la programmation du prix organisé par la ville de Bayeux et le département du Calvados. Mais avec cynisme, on peut dire qu'au supermarché des exilés de force, la compétition est féroce.  Plus d’un million de personnes sont arrivées en Europe par la mer en 2015 et plus d’un tiers sont des enfants. 
© Omar Haj Kadour
© Omar Haj Kadour


Le son de la guerre


A Bayeux, on peut aussi prendre une douche sonore. La réalité de Gaza, de l'Irak, de l'Iran ou encore de la Lybie par la radio. Une expérience unique. Au fil de la scénographie, le parcours du son dans les reportages réalisés sur les terrains de conflits. 

Jusqu'au 30 octobre, une douche sonore avec France Inter

59 journalistes tués en 2016

Ce soir, à 20 heures, en avant-première et en version sous-titrée, " Jim: l'histoire de James Foley". Un documentaire réalisé par son ami d'enfance Brian Oakes. Pour rappel, James Foley, c'est ce journaliste américain kidnappé en Syrie en 2012, deux ans plus tard, son exécution publique fait connaître l'Etat Islamique au monde entier. La projection sera suivie d'un échange. En 2016, 59 journalistes ont été tués en mission contre 67 en 2015, selon Reporters sans frontières (RSF).

Soirée James Foley

Le jury dévoilera son palmarès le samedi 8 octobre, 55 reportages sont en compétition pour huit prix : presse écrite, télévision, radio, photo, télévision grand format, web journalisme, jeune reporter photo et, pour la première fois, un prix image vidéo, décerné à un cameraman.

Alexandra Huctin et Stéphanie Lemaire, journalistes à France 3 Normandie, suivent le festival et proposent leur regard dans nos éditions d'informations régionales à 12 h et 18h58. 

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