Le CHU de Caen participe à une étude sur le risque “possible” des lignes à haute tension pour la santé des enfants

Les champs magnétiques à basses fréquences, émis par les lignes à haute tension, représentent un risque "possible" de leucémie chez les enfants qui habitent à proximité, prévient l'Anses dans son rapport, vendredi 21 juin 2019. / © Eric Cabanis / AFP
Les champs magnétiques à basses fréquences, émis par les lignes à haute tension, représentent un risque "possible" de leucémie chez les enfants qui habitent à proximité, prévient l'Anses dans son rapport, vendredi 21 juin 2019. / © Eric Cabanis / AFP

L'Anses met en garde, vendredi 21 juin 2019, sur le risque "possible" de leucémie chez les enfants du fait des champs magnétiques émis par les lignes à haute tension. Cette étude, commandée par l'agence sanitaire a été réalisée par l'institut de recherche publique Inserm et le CHU de Caen.

Par OA avec AFP

Le CHU de Caen (Calvados) a participé à une étude, commandée par l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), en coloboration avec l'Inserm.

Ce vendredi 21 juin 2019, le rapport de l'étude a été publié sur le site de l'agence, comme elle l'annonce sur son compte twitter : "Effets sanitaires liés à l’exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences : l’Anses publie son expertise."
 

Les champs magnétiques à basses fréquences, émis par les lignes à haute tension, représentent un risque "possible" de leucémie chez les enfants qui habitent à proximité, prévient l'Anses dans son rapport.

Aussi, elle recommande "par précaution" de "ne pas implanter de nouvelles écoles à proximité des lignes à très haute tension", même si aucun lien de cause à effet n'est pour le moment démontré. "L’@Anses_fr réitère sa recommandation de ne pas implanter de nouvelles écoles à proximité des lignes très hautes tensions" publie-t-elle, toujours sur Twitter : 
 

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, qui avait déjà alerté en 2010 sur une "association possible entre l'exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences et le risque à long terme de leucémie infantile", explique que les nouvelles études parues depuis cette date la conduisent à "réitérer" ses conclusions.

Les femmes enceintes sont elles aussi exposées, selon les déclarations de l'Anses : "L’@Anses_fr souligne la nécessité de mieux maîtriser l’exposition aux champs électromagnétiques #BassesFréquences pour les professionnels susceptibles d’être exposés à des niveaux élevés, particulièrement les femmes enceintes."
 

Les champs magnétiques basses fréquences sont tous ceux dont la fréquence est inférieure à environ 8,3 kilohertz, seuil au-delà duquel commencent les radiofréquences.

Ils sont émis par les réseaux de transport d'électricité et les transformateurs électriques, mais aussi par les transports, les aimants, les appareils électroménagers ou encore l'ensemble des câbles électriques dans lequel un courant circule.

Toutefois, la plupart des études épidémiologiques disponibles portent sur les fréquences utilisées pour le transport d'électricité, 50 Hz ou 60 Hz, a expliqué à l'AFP Olivier Merckel, responsable de l'unité d'évaluation des risques liés aux agents physiques à l'Anses.
 

Quarante mille enfants exposés


Plusieurs de ces études mettent en évidence une augmentation statistique du risque de leucémie infantile à partir d'un certain seuil d'exposition, évalué, selon les études, entre 0,2 et 0,4 microteslas, l'unité de mesure du champ magnétique, ajoute Olivier Merckel.

Quarante mille enfants de moins de 15 ans sont ainsi exposés à leur domicile à un niveau de champ magnétique supérieur à 0,4 µT, et 8 000 enfants sont scolarisés dans une école exposée à un niveau plus élevé que ce seuil, selon l'étude publiée ce vendredi.

Au vu de ces données, l'Anses "réitère sa recommandation de limiter, par précaution, le nombre de personnes sensibles exposées autour des lignes à hautes tension ainsi que les expositions"

En effet, "à des niveaux d'exposition élevés pouvant être rencontrés en milieu professionnel, des études expérimentales ont mis en évidence la possibilité d'effets biologiques (stress oxydant, effets génotoxiques, effets sur la physiologie cellulaire)".

Cependant, "les études épidémiologiques sont trop hétérogènes pour établir un lien entre l'exposition professionnelle et l'apparition de pathologies chroniques, en particulier maladies neurodégénératives et tumeurs du système nerveux", avertit l'Anses, estimant "nécessaire de poursuivre les recherches" sur le sujet.

Le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), l'agence spécialisée de l'OMS pour la recherche sur le cancer, a classé en 2002 les champs magnétiques d'extrêmement basses fréquences - ceux émis par les installations électriques et les dispositifs de transport de l'électricité - comme cancérogènes "possibles" pour l'homme. Il a jugé les preuves scientifiques d'un effet sanitaire à long terme insuffisantes pour justifier une modification des valeurs limites d'exposition.

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