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Un étudiant caennais sillonne l'Europe sans argent ni portable

L'été dernier, Cyprien, 24 ans, a sillonné l'Europe sans argent ni portable
L'été dernier, Cyprien, 24 ans, a sillonné l'Europe sans argent ni portable

Traverser une partie de l'Europe en auto-stop, sans un sous en poche et sans portable, c'est le défi relevé l'été dernier par Cyprien Desrez, étudiant à l'ESAM de Caen. Le jeune homme de 24 ans en a tiré un récit de son voyage. Et compte réitérer l'expérience.

Par CM et SR

Il y a chez Cyprien Desrez comme un goût du danger mais aussi une foi en l'humanité chevillée au corps qui annihile toute peur. C'est à l'âge de 16 ans qu'il a commencé à expérimenter l'auto-stop, de courts trajets durant l'été entre Pont-L'Evêque et Deauville pour aller faire du skate. Il y a 4 ans, il part avec un ami et "très peu de moyens" pour voyager en France 9 jours durant. L'été dernier, c'est le grand saut: il part seul, sans argent, ni portable. La voyage durera 47 jours.

Des 65 000 kilomètres parcourus, Cyprien, étudiant à l'ESAM (l'école des Beaux-Arts de Caen), a tiré un récit de voyage, destiné au grand public, et un mémoire. Son titre: "L'Allemagne". Au départ, davantage un objectif qu'une destination. "Je voulais voir comment ça se passait chez nos voisins et j'avais très envie de faire un voyage dans un pays où je ne parlais pas la langue", explique le jeune homme de 24 ans, "Tout s'est bien passé, les Allemands sont des gens extraordinaires, comme les Français, comme tout le monde à partir du moment où on rencontre l'autre avec le sourire et bienveillance".

"Je suis une sorte d'éponge"

Car au-delà des kilomètres parcourus, ce qui fait pour Cyprien le sel du voyage ce sont les rencontres. Et l'argent et le portable sont en quelque sorte des obstacles pour atteindre cet objectif. "Moins on a de moyens, plus on est amené à aller vers l'autre, à partager", estime l'artiste-voyageur qui a préféré coucher sur le papier ses souvenirs que de la capturer dans la mémoire de son téléphone portable. "Ça me permet d'être dans un état de disponibilité totale, je suis une sorte d'éponge et je peux accueillir tout ce qui m'entoure, le paysage mais aussi les gens que je vais côtoyer."

Et pourtant, quand on lui demande un de ses souvenirs les plus marquants, le couteau-suisse de l'homme moderne s'invite à la fête. Et de conter comment après plusieurs heures d'attente dans une morne station-service, il s'est retrouvé dans la cabine d'un routier biélorusse. Après une heure de route silencieuse, les deux voyageurs finissent par briser la glace grâce à l'outil de traduction de Google. "On a passé une heure à dialoguer comme ça avec son portable. C'était extraordinaire."

Nul part et personne

Quand Cyprien a pris son sac à dos, il n'avait qu'une vague idée de ses premières étapes. Ce sont les personnes rencontrées, et leurs recommandations, qui ont façonné son voyage. Pour subvenir à ses besoins, le jeune homme a donné plusieurs coups de main et effectué divers petits travaux. S'il a passé plusieurs nuits "chez l'habitant", l'étudiant voyageur s'est aussi retrouvé plusieurs fois et par choix en tête avec les étoiles. "Ça me fait du bien de passer quelques nuits sous la tente dans la nature, de n'être entouré que de bruits d'animaux et de se sentir fébrile: on est nul part et personne".

Cyprien le reconnaît, il adopte bien volontiers durant une bonne partie de l'année un mode de vie sédentaire. Chaque voyage nécessite une préparation. "Avant de partir, je passe beaucoup de temps chez mes parents, histoire de saturer de à la fois de confort matériel mais surtout affectif. Une fois que j'atteins cet excès de confort, je décide de partir, très tôt, en même temps que le lever du soleil". Cyprien estime également que l'éducation dispensée par ses parents a permis ces voyages: "C'est grâce à eux que j'ai ces compétences de vie".

Cyprien a déjà d'autres envie d'aller voir ailleurs. Prochaine destination: le pays de l'oncle Sam sans un dollar en poche. Un autre voyage qui donner peut-être lieu à un autre récit, pour partager, sans ambition de servir de guide. "Il y a 10 000 façons de voyager et elles sont toutes aussi belles les unes que les autres".


Reportage de Sylvain Rouil et Stéphanie Lemaire

Le tour d'Europe sans argent ni portable

 

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