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Il relie Bordeaux à Caen en mobylette vintage

A chaque étape, Brice était rejoint par sa famille. / © B.Gandouet
A chaque étape, Brice était rejoint par sa famille. / © B.Gandouet

Tout a démarré par une blague de potache et Brice Gandouet a enfourché sa mobylette de 1983, direction Caen. Il a mis cinq jours à réaliser le trajet depuis Bordeaux. "C'est devenu un voyage initiatique"... 

Par L.A.

Un drapeau pirate à l'arrière d'une mobylette bleue des années 80 : vous l'avez peut-être croisé sur les départementales entre Bordeaux et Caen.

Une drôle d'idée... venue spontanément

A Bordeaux, Brice Gandouet anime une émission de radio sur les jeux vidéo,sur 02 Radio. Ses auditeurs deviennent parfois des amis et l'un d'eux était venu lui rendre visite pendant les vacances. Avant de partir il lui avait lancé une invitation à le rejoindre à Caen. Une invitation réitérée régulièrement : "à force de me poser la question, j'ai fini par répondre "arrête d'insister sinon je viens en mobylette" explique Brice, "tout cela est parti d'une blague de potache. J'en ai parlé à la radio et on revenait dessus depuis Noël. Et la blague est devenue réalité". 
 
 

800 kilomètres sur une mobylette de 1983

Sa mobylette, vintage, de 1983, lui a été offerte par sa femme pour son anniversaire. Il en avait une quand il était ado mais elle avait rapidement été volée. C'était une sorte de retour dans le passé. 

J'avais prévu tout un tas de pièces de rechange mais elle a super bien tenu le coup.

"Au départ, je suis parti suivi par ma famille en voiture. On avait un doute sur la mobylette", avoue Brice Gandouet, "mais comme tout se passait au mieux, on se donnait rendez-vous pour les étapes. "  Avec, à la clé, des visites et quelques surprises :

Je voulais voir le Mont Saint-Michel et une éolienne (j'en n'avais jamais vue de près). Je me suis perdu dans le marais Poitevin. Pendant une heure je n'ai vu personne. J'étais suivi par un héron... Je me suis dit si je crève un pneu, je suis mal.


"J'ai profité du paysage, je me suis arrêté dans une fête de village, j'ai fait rire les gens. Quand on me demandait d'où je venais, on me payait souvent un coup. Je n'ai qu'une envie, c'est de repartir. "

Le voyage original devient vite un voyage initiatique. "Au début je filmais et j'ai arrêté pour mieux profiter. J'ai eu une année difficile alors ca m'a fait du bien. En mobylette, on n'a pas d'autoradio, on a le temps de réflechir sur soi"
 

Pas un vélo, ni une voiture : la mob, c'est un problème... pour le GPS

Pour se diriger en mobylette avec les moyens modernes, ce n'est pas gagné : "sur Waze, j'étais considéré comme une voiture alors je me suis fait une frayeur sur une 4 voies" avoue Brice. "Et en empruntant un chemin pour les vélos j'ai atterri sur un terrain de VTT aux Sables d'Olonnes...". Du coup il a repris la route "à l'ancienne" en notant les communes à traverser à la main, sur papier. Il calcule les temps de trajet à la louche "une minute par kilomètre à une demie-heure près..." pour compenser les erreurs d'aiguillage.


Sa meilleure étape ? "Le marais Poitevin. Il y a tout eu : des frayeurs, la solitude et le questionnement. C'est étrange de se retrouver seul, sans aucune barre sur le téléphone. C'est une véritable sensation d'aventure. Je conseille à tout le monde de partir sans itinéraire, en se disant juste c'est à 200 kilomètres".

Pour Brice, le trajet Bordeaux Caen se prête parfaitement à la mobylette : " faut pas trop que ça monte. Alors je ne vous cache pas que j'ai mal partout : aux épaules, au c... la mobylette, c'est pas hyper confort".

Il se dit prêt à repartir. Mais peut-être pas l'année prochaine et pas forcément en mobylette. Pourquoi pas en famille et à velo ?
 

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