Précarité menstruelle : les mentalités changent et le marché se développe très vite

A Caen, l'entreprise Dans ma culotte qui propose des protections hygiéniques lavables ou encore  bio connaît un succès retentissant au point d'embaucher près de 40 personnes d'ici 2021. La précarite menstruelle est un sujet qui n'est plus tabou! 
Aujourd’hui, plus de 1,7 million de jeunes femmes sont victimes de précarité menstruelle.
Aujourd’hui, plus de 1,7 million de jeunes femmes sont victimes de précarité menstruelle. © dansmaculotte
" Il n' y a pas une mais des précarités menstruelles" explique Edouard Duchemin, membre du collectif caennais Sang Sationnel. " Il y a d'une part la précarité menstruelle finançière qui empêche d'accéder aux protections hygiéniques , c'est pourquoi nous ciblons les personnes les plus précaires dans nos distributions :  étudiantes, SDF mais aussi prostituées. Nous accompagnons aussi sur l'aspect physiologique de ce phénomène naturel pour expliquer ce qui se passe".
 

On tenait à le rappeler! Prenez soin de vous 😘

Publiée par Collectif Sangsationnel sur Samedi 18 avril 2020

Dans la vie d'une femme, le coût global durant ses périodes de menstruations varie selon les sources,  entre 5 et 25 000 euros.  " On trouve de grands écarts dans les chiffres. En ce qui nous concerne, nous estimons que c'est entre 5 et 7000 euros , cela ne compte pas que le coût des protections, il y a les médicaments anti douleurs, les sous-vêtements et vêtements tachés, les matelas, les cours de sophrologie, les bouillottes pour réduire la douleur,  etc". 

Gratuité en Ecosse

" Nous nous sommes réjouis quand la TVA est passé à 5, 5 mais nous pensons que la gratuité devrait s'appliquer".  A l'instar de l'Ecosse ? Les députés écossais viennent en effet de se prononcer favorablement  pour un accès gratuit aux protections périodiques afin de lutter contre la précarité menstruelle, une première dans le monde à cette échelle. Sur Twitter, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a fait part de sa  "fierté d'avoir voté pour cette loi révolutionnaire, qui fait de l'Écosse le premier pays au monde à fournir des protections périodiques gratuites à toutes celles qui en ont besoin ".

Dans ma culotte !  lève 3, 5 millions d'euros

"Mais, poursuit Edouard Duchemin, il y a aussi des personnes menstruées qui ont les moyens mais qui ne trouvent pas les produits qu'elles recherchent. Elles ne sont pas à l'aise avec les serviettes et tampons classiques et cherchent des alternatives comme des serviettes lavables, des cups, des culottes menstruelles, des éponges. Il y a aussi des personnes qui veulent ainsi réduire leurs empreintes écologiques. "

Et c'est là que l’entreprise caennaise Dans Ma culotte qui commercialise une gamme de produits autour du cycle menstruel depuis 2016, s'impose sur ce marché en plein expansion. L'entreprise vient d'annoncer  une levée de fonds de 3,5 millions d’euros . " Pour développer la gamme de produits mais aussi pour embaucher entre  35 collaborateurs et 40  et collaboratrices d’ici 2021 " explique Noëlle Papay, l'une des deux cofondatrices de Dans ma culotte, avec Marie Réveillhac. La gamme de produits est grande : culotte et maillots de bains menstruels, tisane contre les crampes pendant les règles ou encore tampons bio. 
 
Démocratiser l’usage de protections lavables alternatives saines, c'est la démarche qui anime Dans Ma Culotte,  en
France et en Europe.
Démocratiser l’usage de protections lavables alternatives saines, c'est la démarche qui anime Dans Ma Culotte, en France et en Europe. © Dans ma culotte


Comme les associations qui oeuvrent contre la précarité menstruelle, La marque distribue aussi des protections périodiques  mais lavables à destination des étudiantes en France . " L'objectif est de rendre ces protections saines accessibles  à plus de 40 000 personnes en situation de précarité menstruelle d’ici 2024 en passant par des structures qui pourraient les acquerir comme les universités " . 
 
"Allier produits sains et réduction de l'impact écologique, c'est l'un de nos objectifs ", explique Noëlle Papay, cofondatrice de Dans ma culotte.
"Allier produits sains et réduction de l'impact écologique, c'est l'un de nos objectifs ", explique Noëlle Papay, cofondatrice de Dans ma culotte. © Dans ma culotte
La marque Dans Ma Culotte a à ce jour la plus grande communauté autour du cycle menstruel en France avec plus de 150.000 followers sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram ou encore Tik Tok. "  Depuis 5 ans, en libérant la parole sur ce sujet encore tabou,  on a contribué à faire des règles un sujet commun."   
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