Vente à Lisieux : Emmaüs se rapproche des démunis

Une mini salle des ventes éphémère sera installée dans le quartier Hauteville à Lisieux ce 11 octobre / © A.Pinault/France Télévisions
Une mini salle des ventes éphémère sera installée dans le quartier Hauteville à Lisieux ce 11 octobre / © A.Pinault/France Télévisions

Une vente solidaire dans le quartier Hauteville à Lisieux est organisée ce vendredi 11 octobre. Les meubles et objets proposés viendront pour la plupart de la communauté Emmaüs de Tailleville. Cette vente s'adresse aux personnes dans le besoin et les prix seront dérisoires. 

Par Amandine Pinault

Dans les locaux d’Emmaüs à Tailleville, Jean-Claude et Sosthen préparent une vente pas comme les autres. Les deux Compagnons sélectionnent des meubles, objets et vêtements destinés à être achetés par des personnes dans le besoin dans le quartier d’Hauteville à Lisieux.  
  
David, co-responsable de la communauté de Tailleville depuis une quinzaine d’années explique qu’« à l’origine, Emmaüs était une communauté itinérante, qui se rendait là où il y avait des besoins. »
 
Sosthen, Compagnon d'Emmaüs à Tailleville, prépare la vente qui sera organisée le 11 octobre dans le quartier Hauteville à Lisieux: 
Sosthen, Compagnon d'Emmaüs à Tailleville, participe à la vente solidaire dans le quartier Hauteville à Lisieux / © A.Pinault/France Télévisions
Sosthen, Compagnon d'Emmaüs à Tailleville, participe à la vente solidaire dans le quartier Hauteville à Lisieux / © A.Pinault/France Télévisions

 

Emmaüs se serait-elle donc éloignée de sa mission première en ouvrant ses portes aux classes moyennes pour chiner des meubles vintage le dimanche? Non, car l’une ne va pas sans l’autre. Le fruit des ventes à une clientèle plus aisée permet de venir en aide aux populations défavorisées comme à Hauteville. Emmaüs ne reçoit pas de subvention de fonctionnement. Or, pour organiser cette vente solidaire, une quinzaine de Compagnons et de bénévoles sont à pied d’œuvre pour sélectionner les objets, les transporter jusqu’à Lisieux et installer une mini salle des ventes éphémère.

Les Compagnons de Tailleville, hébergés par la communauté Emmaüs,  deviennent ainsi à leur tour acteurs de la solidarité.
A 55  kilomètres de là, à Hauteville, cette vente est très attendue.
 


« Dans ce quartier sensible de Lisieux, nous proposons des logements à des personnes qui n’ont rien », explique Elodie Pers, l’agent de développement local de la CAF (Caisse d’Allocations Familiales).
Ce quartier sera totalement reconstruit d’ici 2030, mais en attendant il est composé en majorité de logements sociaux de médiocre qualité où s’installent parfois des personnes très démunies.

La semaine dernière encore, nous avons trouvé en urgence un logement pour une maman seule avec ses enfants, mais cet appartement est vide. 
Elodie Pers, agent de développement local à la CAF

Bricollectif: un atelier pour dépanner 

L’antenne locale de la CAF peut dénicher un lit ou une armoire via son atelier « Bricollectif » : depuis trois ans, des meubles usagés sont collectés chez les particuliers dans la région de Lisieux, réparés, puis donnés sans condition de ressource ni dossier à monter au préalable.
Mais ce dépannage ne peut atteindre l’ampleur des ventes organisées en partenariat avec Emmaüs. Chaque vente solidaire profite en effet à environ 150 habitants du quartier.


 

Vente solidaire : à moitié prix


Pour être sûr d’atteindre le public cible, les bénéficiaires des aides de la CAF sont informés de la vente par SMS. Il ne s’agit pas seulement de déplacer le stock d’Emmaüs de 55 kilomètres : entre le château de Tailleville et le quartier de Hauteville, chaque objet, vêtement, meuble, perd 50% de sa valeur.

 
© A.Pinault/France Télévisions
© A.Pinault/France Télévisions


« En général, tout part dans la matinée », explique David. Grâce à ces ventes solidaires organisées deux fois par an, les habitants du quartier trouvent de quoi s’équiper, mais ils peuvent aussi venir partager un moment de convivialité.
Après cette vente solidaire, les Compagnons d’Emmaüs retourneront dans leur communauté de Tailleville, pour collecter des objets, les réparer et les vendre à des personnes plus aisées, les incitant à suivre la formule de l’Abbé Pierre « Viens m’aider à aider ».

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