Dives-sur-Mer (14) : Le calice du Père Jacques Leclerc, résistant fusillé pendant la guerre, retrouvé à Marrakech

L'abbé Jacques Leclerc est mort à 31 ans, fusillé avec d'autres résistants en 1944. Aimé de ses ouailles, ce jeune curé résidait à Dives-sur-Mer dans le Calvados. Son calice, qu'il avait lui- même dessiné, a été retrouvé dans le souk de Marrakech. Une drôle d'histoire dans l'Histoire.

L'achat s'est fait par hasard dans le souk à Marrakech. Le Père Jean Pascal Duloissy et son ami Alain Pignel découvrent étonnés un objet sacerdotal chrétien dans un ensemble hétéroclite d'objets.

" Je lui ai demandé de l'acheter car un objet comme ça a une histoire" précise l'Abbé Duloissy

" D'autant qu'il est gravé en dessous" insite Alain Pignel " Jacques Leclerc, ODSB, Ordre de St Benoit, 12 octobre 1941"

Commence alors une enquête pour répondre aux questions qui se bousculent dans la tête de ses deux amis : Qui était l'abbé Leclerc? Comment cet objet si personnel s'est-il retrouvé dans un souk marocain ?

En fouillant dans les archives du Calvados, les deux enquêteurs apprennent que l'abbé Jacques Leclerc officiait à Dives -sur-Mer pendant la guerre. A 31 ans, le 3 Juillet 1944, il est arrêté par la Gestapo, torturé et fusillé avec 27 de ses camarades résistants.

A Dives-sur-Mer, aujourd'hui, quelques-uns se souviennent encore de ce jeune abbé très sportif et dynamique.

"Il faisait du ski " raconte Marcel un ancien enfant de choeur" A la sortie du village, il y a une grande côte qu'il descendait en skis parce que, pendant la guerre, les hivers étaient très froids". "C'était un drôle de curé."ajoute -t-il avec émotion. 

Aujourd'hui, le Père Jacques Leclerc repose au cimetière de Dives-sur-Mer. On sait que son calice a été volé par la femme d'un gradé allemand et qu'elle l'a emmené dans sa fuite. On sait aussi que le petit diamant inclu au centre de la croix qui orne le calice provenait de la bague de fiançailles de la mère de l'abbé Leclerc. Le calice qui lui servait à célébrer la messe était un objet consacré, mais aussi très personnel, qu'il avait lui-même dessiné.

Beaucoup de questions demeurent cependant . Alain Pignel, le père Duloisy et les associations locales de Dives aimeraient en savoir plus sur l'histoire de ce drôle de curé. Ensemble, Ils passent un appel à témoignage pour que les petites histoires humaines continuent d'alimenter le souvenir de la Grande Histoire de la Seconde Guerre Mondiale. 

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