Gouvix honore son vétéran polonais

© Thierry Cléon / France 3 Normandie
© Thierry Cléon / France 3 Normandie

Une place porte désormais le nom d'Edouard Podyma, un habitant de cette petite commune du Calvados qui a combattu avec la première division blindée polonaise en 1944. Agé de 94 ans, il en est aujourd'hui le dernier survivant.

Par Pierre-Marie Puaud

Il dit avoir été surpris lorsqu'il a appris que sa commune d'adoption a choisi de lui rendre hommage. Surpris, et, pourquoi le cacher, fier de ce qu'il assimile à une "récompense". Edouard Podyma est rassuré de savoir que son engagement, comme celui de ses camarades, ne sont pas tombés dans l'oubli.

Edouard Podyma interrogé par Thierry Cléon :
Edouard Podyma honoré chez lui, à Gouvix


"Jai failli y laisser ma peau"...


Edouard Podyma n'a que 7 ans lorsqu'il arrive à Gouvix où son père est employé dans les mines de fer. Lorsque la guerre éclate en 1939, il intègre l'armée polonaise placée sous le commandement français à Coëtquidan. Evacué vers l'Angleterre en 1940, il rejoint la première division blindée polonaise, une unité, il ne le sait pas encore, qui s'illustrera quatre années plus tard sur la terre de sa Normandie d'adoption.

Ils étaient mieux armés. On manquait de munition. L'infanterie a combattu à la baïonnette


Le 1er août 1944, il débarque à Graye-sur-mer. "Le 7 août, nous avons traversé la ville de Caen en ruine. Notre mission était d'orienter le tir de l'artillerie canadienne, de se trouver en tête pour observer l'ennemi. Nous avons donc été balancés dans la plaine, se souvient-il avec une pointe d'amertume. Les Allemands n'avaient qu'à nous attendre. Quarante de nos chars ont été détruits le premier jour, ce qui était énorme". Le hasard conduit Edouard Podyma à Gouvix : "je suis passé à 100 mètres de la maison, mais je ne pouvais pas m'arrêter : nous faisions la guerre..."

Les Polonais sont ensuite dirigés vers Chambois pour tenter de refermer la poche de Falaise en faisant la jonction avec les Américains. Edouard Podyma s'illustre à la cote 262 de Coudehard-Montormel face à des unités Allemandes prises au piège, et mues par l'instinct de survie : "Il y en avait partout, raconte Edouard podyma. Ils étaient mieux armés. On manquait de munition. L'infanterie a combattu à la baïonette. J'ai bien failli y laisser ma peau".                                     

Après la guerre, il revient à Gouvix. De retour à la vie civile, il intègre la Société Métallurgique Normande. Mais il n'a jamais oublié le sacrifice de ses camarades de la première division blindée polonaise. Depuis qu'il est à la retraite, il intervient régulièrement dans lescollèges avec ce fol espoir qu'ont partagé tous les vétérans "que personne n'ait à vivre ce que nous avons vécu". 

Edouard Podyma se confie à Thierry Cléon et Charles Bézard :
Edouard Podyma témoin du jour J Débarquement 6 juin 1944, feuilleton 4 sur 4 juin 2016


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