Südzucker rejette la proposition de rachat des producteurs de betteraves

Le groupe allemand vient de rejeter la proposition de reprise des salariés et producteurs. / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
Le groupe allemand vient de rejeter la proposition de reprise des salariés et producteurs. / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Le groupe sucrier allemand Südzucker annonce que sa filiale "Saint Louis Sucre ne vendra pas ses sites de production" menacés de fermeture de Cagny dans le Calvados et d'Eppeville dans la Somme. 

Par SD avec AFP

Les sucreries de Cagny dans le Calvados et celle d'Eppeville dans la Somme ne seront donc pas vendues aux salariés et producteurs de betteraves français. "Nous n'arrêtons pas la production de sucre pour la proposer à d'autres acteurs, mais bien pour retirer des capacités du marché", a expliqué le président du directoire de Südzucker. 

Après avoir négocié il y a une semaine avec les planteurs d'Allemagne du Sud (VSZ), qui détiennent une participation majoritaire (57%) au capital de Südzucker, le président de l'association des planteurs de betteraves (CGB) avait assuré à la presse que la porte n'était "pas fermée" à une reprise des deux sucreries Saint Louis Sucre.
"Südzucker a accepté de recevoir notre offre de reprise par écrit. Nous proposons 30 millions d'euros pour la reprise des deux usines", avait indiqué Franck Sander, le président de la CGB.

Faux espoirs 

Les betteraviers espéraient ainsi maintenir 130 emplois dans les deux sucreries et la culture de la betterave dans les bassins de production de ces deux sites, où travaillent 2.300 planteurs. Südzucker a enfoncé le clou jeudi en expliquant que le but était de "retirer des capacités de production du marché européen".

"La France représente un marché excédentaire et produit deux fois plus de sucre qu'elle n'en consomme. La concurrence y est très forte, tant pour l'approvisionnement en betteraves que pour les débouchés"

Selon la CGB, le rachat permettrait au numéro un mondial du sucre, et actionnaire majoritaire de Saint Louis, d'économiser 100 millions d'euros sur les 200 millions qu'il dit avoir provisionnés pour couvrir la fermeture, le plan social et la dépollution de cinq sites appelés à fermer en Europe (un en Pologne, deux en France et deux en Allemagne).

Mais pour le directoire du groupe Südzucker, "le projet de reprise des sites de Cagny et d'Eppeville, débattu dans la presse par la CGB, ne résoudra pas le problème de surproduction". Le groupe Südzucker, qui a publié ses résultats annuels le 16 mai dernier, enregistre pour sa branche sucre une perte de 239 millions d'euros sur l'exercice 2018/19.
 

Une annonce incohérente

Patrick Dechaufour, représentant planteur des betteraviers normands, joint par téléphone, se dit "surpris par cette annonce". Ce matin, il était en discussion avec le Président du Conseil de surveillance du groupe Allemand, qui "ne fermait pas la porte à une éventuelle reprise". De l'autre côté le groupe a annoncé en début d'après-midi, ce jeudi, par la voie de son président du directoire, qu'il "n'était pas question d'une reprise". 

"C'est assez incompréhensible, mais nous allons quand même déposer un plan écrit de reprise" explique Patrick Dechaufour, représentant de la CGB. Si jamais cette tentative échoue il explique que les planteurs normands entreront au capital de Südzucker, avec l'objectif de s'exprimer à la prochaine assemblée générale du groupe. 

 

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