Collège : le dispositif “devoirs faits” diversement apprécié 5 mois après ses débuts

Archive pour illustration / © La voix du Nord / MAXPPP
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Faire ses devoirs au collège plutôt qu'à la maison pour les élèves qui le souhaitent: c'était la promesse du gouvernement afin de contribuer à réduire les disparités entre les familles. Aujourd'hui, le dispositif subit plusieurs critiques dans les établissements.

Par DM Claude avec l'AFP

Aider les collégiens à faire leurs devoirs à l'école plutôt que chez eux.  
L'objectif de ce dispositif "devoirs faits", voulu par le ministre de l'Education, était louable. D'autant plus qu'il s'adressait aux collégiens qui ne bénéficient pas d'un contexte familial leur permettant de bien travailler à la maison.
Pourtant, cinq mois après, la mise en place de cette mesure ne fait pas l'unanimité.  

Du bricolage pour certains syndicats 

Le ministère n'a pas encore tiré de bilan mais les syndicats se montrent, eux, plutôt critiques. "On a la perception qu'on a réussi à bricoler quelques heures de soutien un peu partout mais que la mesure concerne finalement assez peu d'élèves", indique Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-Unsa. 
"L'idée est bonne mais dans la pratique, de nombreux établissements ont simplement transformé le nom des heures d'étude en "devoirs faits"", note pour sa part Anne-Sophie Legrand, du SNES-FSU. 

Des volontaires pas toujours bien formés

Cette représentante syndicale doute aussi du niveau de qualification de certains personnels habilités à dispenser cette aide aux devoirs.
Sont en effet mobilisés des professeurs volontaires payés en heures supplémentaires, des assistants d'éducation, des associations, et 7.000 jeunes en service civique, selon le gouvernement qui prévoit à terme d'en enrôler 10.000.
Impossible, selon l'agence du service civique, interrogée, de préciser combien de contrats ont spécialement été signés pour cette mission "devoirs faits".

"Une réponse modeste"

S'il a essayé de recruter des jeunes en service civique, le principal d'un collège de la région Centre souhaitant rester anonyme, n'y est en tout cas pas parvenu: "Les annonces postées n'ont pas reçu de réponse". Dans son établissement, une poignée de professeurs se sont portés volontaires pour aider 80 élèves (sur un effectif total de 600). "On propose une réponse aux difficultés de certains élèves mais
qui reste extrêmement modeste par rapport aux enjeux", estime-t-il. 

"Le gros problème du dispositif, c'est qu'il ne cible pas forcément les élèves qui en ont le plus besoin, puisqu'il fonctionne sur la base du volontariat", regrette aussi François Lecointe, professeur d'histoire-géo près de Grenoble. 
"La mesure est intéressante et on a bénéficié de moyens pour la mettre en place", se félicite à l'inverse Dominique Murot, principale d'un collège à Lille, où une quinzaine de profs sur 30 se sont portés volontaires. Quelque 220 millions d'euros doivent financer le dispositif en 2018, selon le ministre de l'Education.

Le gouvernement a pourtant promis d'étendre l'an prochain la mesure au primaire.
"Pour l'instant, aucune discussion n'a débuté sur le sujet", affirme Stéphane Crochet, du SE-Unsa, qui doute de sa mise en oeuvre. 

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