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14 militants du mouvement “Boucherie Abolition” jugés à Evreux

Conférence de presse de l'association Boucherie Abolition en juin 2019 à Paris. Solveig (debout) fait partie des militants jugés ce vendredi 20 septembre à Evreux. / © Dominique FAGET / AFP
Conférence de presse de l'association Boucherie Abolition en juin 2019 à Paris. Solveig (debout) fait partie des militants jugés ce vendredi 20 septembre à Evreux. / © Dominique FAGET / AFP

Ce vendredi 20 septembre 2019, un groupe de militants a été jugé devant le tribunal correctionnel d'Evreux pour avoir organisé des opérations de "libération" d'animaux dans des élevages normands et d'Eure-et-Loir. Lors d'une action, 1400 dindes avaient péri. 

Par V. Arnould, S. Callier et AFP


Le jugement sera rendu le 5 novembre prochain. Le procureur de la République a requis vendredi après-midi. Deux peines avec de la prison ferme sont demandées, 18 mois de prison dont six ferme contre deux prévenus, Solveig H., 44 ans et Vincent A., 32 ans, deux porte-parole de l'association "Boucherie Abolition".

Il a demandé dix-huit mois de prison avec sursis contre neuf des prévenus, quatre mois avec sursis contre un autre et deux mois avec sursis contre un dernier.

Des éleveurs choqués et des militants qui plaident la désobéissance civile

"Nous ne sommes pas là pour juger des idéaux mais des infractions pénales", a plaidé la procureure de la République Dominique Puechmaille, avant de regretter "l'indécence" des militants qui "comparent l'élevage à la dictature nazie".

"On traite nos clients de kapo, de nazis... rendez-vous compte de la tonalité des débats !",  a plaidé l'avocat d'un couple d'éleveurs, Maitre Morrier. 

"Je reconnais avoir libéré des animaux par état de nécessité pour cesser la cruauté envers les animaux", a déclaré une prévenue.

3 actions dans des élevages de l'Eure, Eure-et-Loir et dans l'Orne

8 hommes et 6 femmes étaient convoqués ce vendredi matin à 9h30 au tribunal de grande instance d'Evreux. Agés de 25 à 50 ans, ils sont soupçonnés d'avoir libéré des animaux dans des élevages de Normandie et d'Eure-et-Loir. Certains comparaissent pour plusieurs vols animaux commis en décembre 2018 et avril 2019, à Jumelles (Eure), Goussainville (Eure-et-Loir) et Beaulieu (Orne). 

La plupart des membres de ce petit groupe seront notamment jugés pour vols aggravés, violation de domicile, dégradation du bien d'autrui et entrave à la liberté du travail.
 

Suspension d'audience


Le procès a été suspendu rapidement ce vendredi 20 septembre. En cause : les magistrats s'interrogent sur le statut de juridique de l'animal.
Les prévenus ont pris la pose au tribunal correctionnel d'Evreux ce vendredi 20 septembre. / © Jean-Baptiste Pattier - France 3 Normandie
Les prévenus ont pris la pose au tribunal correctionnel d'Evreux ce vendredi 20 septembre. / © Jean-Baptiste Pattier - France 3 Normandie

 Le chef d'accusation concernant le vol aggravé est contesté par les prévenus et leurs avocats. Selon eux, il n'y a pas de vols puisque les animaux ne sont pas des choses - Jean-Batiste Pattier, Journaliste sur place.
 


 

"Libération" d'animaux d'élevage

Les faits remontent au 13 décembre 2018 et au 14 avril 2019, quand des militants pénètrent dans 3 exploitations pour "libérer" des animaux d'élevage, il s'agit de poules, de dindes et de cochons. Ces militants se sont alors filmés, des images relayés par les réseaux sociaux. 
"L'armée de libération sort des camps pour nous aider à abolir leur esclavage" avait alors tweeté l'association en légende d'une photo montrant les cochons visés par l'opération.

Mort de 1400 volatiles 

Une de ces opérations coups de poing organisée à Jumelles aurait entraîné la mort de 1 400 volatiles, une version contestée par les prévenus.

Ils ont été interpellés au mois de mai, suite à une enquête ouverte par le Parquet d'Evreux, ils risquent une peine de 7 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

 Sur les réseaux circulait un appel à manifester son soutien ce vendredi matin au tribunal d'Evreux.

 

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