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Faut-il sauver le sanglier Nénette, la mascotte du village de Muids (27) ?

© France 3 Normandie
© France 3 Normandie

Depuis 18 mois, un agriculteur détient dans sa ferme de Muids (27) une femelle sanglier, recueillie alors qu'elle n'était qu'un marcassin. Pourtant, Nénette, adoptée depuis par tout le village, aurait due être abattue, faute d'autorisations nécessaires. Mais, c'était sans compter sur la préfecture. 

Par Catherine Lecompte

Elle a 18 mois, et pèse 90 kilos: le sort de Nénette suscite depuis quelques temps l’émotion sur Internet et dans tout un village.

Suite à la mort de sa mère, cette femelle sanglier s’est attachée à un cultivateur de Muids, entre Les Andelys et Louviers, dans l’Eure. Régis Héroux a nourri Nénette au biberon jusqu'à ce quelle apprenne à se nourrir seule.

Depuis, la laie est installée à demeure, et la résidence de cet animal sauvage à proximité d’une exploitation agricole a été dénoncée et a forcément attiré l’attention de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

La détention d’animaux sauvages est interdite par la loi. Pour se conformer aux textes officiels, il faudrait que Nénette dispose d'un enclos, soit vaccinée et stérilisée. Des investissements coûteux sans lesquels elle pourrait être abattue du jour au lendemain

Le code de l'environnement préconise dans ce cas une euthanasie. Une solution refusée par Régis et les élèves des écoles de Muids et Daubeuf, tous amis de la laie. 

Régis a également reçu le soutien de plus de 68 000 signataires de Sauvez Nénette", la pétition sur Internet. 

"On me reproche de l'avoir recueillie et surtout de l'avoir nourrie" reconnaît  Régis Héroux, qui en 18 mois, a tissé des liens avec l'animal désormais adulte.
L'agriculteur est maintenant très attaché à la laie, qui, comme un fidèle chien de ferme, le suit partout sur l'exploitation et cohabite avec les autres animaux comme les vaches, les poules et le canard.

Une compagnie qui fait presque l'unanimité aux alentours. Même les enfants du village de Muids se sont pris d'affection pour la laie, qui est quasiment devenue une attraction:

 "ils viennent avec leurs parents, pour la voir, la prendre en photos".

Le sort de l'animal a même ému la députée LaREM de la circonscription, Claire O'Petit. En début de semaine, la vice-présidente du groupe d'études sur la condition animale à l'Assemblée nationale a rencontré Régis et Nénette et a interpellé le préfet de l'Eure. 
 

Nénette sauvée par la préfecture 

Ce mardi 12 mars, Régis Héroux a rencontré les gardes fédéraux de l'office national de la chasse qui lui ont appris que l'action avait été engagée suite à une dénonciation. Le dossier a été confiée à la Procureure de la République d'Évreux.

Mais le salut est tombé de la préfecture, ce mercredi en fin d'après midi, qui a confirmé par un communiqué que la laie Nénette ne sera pas abattue.  

Face à cette situation inédite, le Préfet de l'Eure s'est en effet mobilisé avec l'ensemble des services de l’État pour trouver une solution rapide. Un animalier de la Fondation Brigitte Bardot s'est donc déplacé ce mercredi 13 mars sur le site de l'exploitation de M. Régis Héroux afin d'étudier les solutions de placements au sein du refuge de La Mare Auzoux.

Des solutions alternatives de placement sont également à l'étude en lien avec les services de l'Etat.

Par ailleurs, le détenteur de l’animal se verra informé des dispositions légales et réglementaires applicables aux animaux sauvages, qui visent à garantir la sécurité sanitaire des personnels et
des cheptels. Ainsi, les formalités nécessaires afin de se placer en conformité avec la réglementation lui seront indiquées. 

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Faut-il sauver Nenette ?



 

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