Art contemporain XXL dans les rues de Pont-Audemer

Entre illusions et amusement, neuf œuvres monumentales sont exposées aux quatre coins de Pont-Audemer dans l’Eure, avec un focus sur l’artiste Lilian Bourgeat.
"Bottes" œuvre en résine polyester, réalisée spécialement pour Pont-Audemer par Lilian Bourgeat en 2021
"Bottes" œuvre en résine polyester, réalisée spécialement pour Pont-Audemer par Lilian Bourgeat en 2021 © Image issue d'un reportage vidéo / Eric Lombaert / France Télévisions

Si vous n’allez pas au musée, le musée viendra à vous… à pas de géants ! « Nous souhaitons que ce soit la culture et l’art contemporain qui viennent à la rencontre des personnes », explique Julien Timon, adjoint à la Culture de la mairie de Pont-Audemer qui souhaite ainsi sensibiliser et toucher le plus grand nombre d’habitants de Pont-Audemer et des alentours. « Là, on met vraiment de l’art dans l’espace public. Habituellement, les visiteurs sont préparés à voir des œuvres d’art. Le fait de les mettre dans un cadre familier, ça interpelle », observe-t-il.

C’est l’aboutissement d’un travail d’équipe, réunissant le Frac Normandie (Les Fonds régionaux d'art contemporain), la DRAC Normandie (Direction régionale des affaires culturelles), du Département de l’Eure, de la DRAAF Normandie (Direction régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt), de la Ville de Pont-Audemer, de l’entreprise Nordfilm et de Art et Mondes du travail, dispositif du ministère de la Culture. Et bien sûr... les artistes eux-mêmes.

Banc qui semble avoir fondu au soleil - "Modifed Social Bench #7 et E" - Acier galvanisé peint par poudrage - Collection Frac Normandie, réalisé par Jeppe Hein en 2005.
Banc qui semble avoir fondu au soleil - "Modifed Social Bench #7 et E" - Acier galvanisé peint par poudrage - Collection Frac Normandie, réalisé par Jeppe Hein en 2005. © Eric Lombaert / France Télévisions

Lilian Bourgeat, Elisabeth Ballet, Jeppe Hein et Marianne Dupain exposent neuf œuvres en grand format à Pont-Audemer, sur un parcours ponctué d’objets surprenants, allant du camping Risle-Seine au musée Alfred Canel, en passant par le théâtre de l’Éclat ou encore la place Victor Hugo.

La patte Bourgeat

Et sur cette place Victor Hugo se trouve la pièce emblématique de l’exposition : une paire de bottes bleues, confectionnées par le plasticien Lilian Bourgeat. L’artiste, né en 1970 à Dijon où il a fréquenté l’école régionale des beaux-arts. Connu pour ses sculptures d’objets du quotidien agrandis, l’artiste a l’habitude de travailler avec des acteurs locaux.

Cette fois, il a collaboré avec le personnel de l’entreprise qui fabrique des films plastiques au bord de la Risle. L'artiste s’est installé trois semaines en résidence au sein de l’entreprise Nordfilm, à Pont-Audemer. « Ils ont vécu cette histoire au fur et à mesure de sa concrétisation : de la planification au transport de ces œuvres très volumineuses qui ont nécessité un matériel particulier et une certaine logistique », confie l'adjoint municipal.

Il y a une espèce de réminiscence de l’enfance… On a tous porté des bottes pour aller au bord de la mer ou sauter dans les flaques d’eau.

Mathilde Legendre, directrice du musée Alfred Canel

Bottes est l’œuvre la plus appréciée des spectateurs, c’est une œuvre qui met le sourire aux lèvres, qui suscite l’émerveillement. « Ça nous rappelle le Petit Poucet, les bottes de sept lieux. Elles sont posées là comme ça, alors que l’ogre est parti », s’amuse Mathilde Legendre, directrice du musée Alfred Canel. « Il y a une espèce de réminiscence de l’enfance… On a tous porté des bottes pour aller au bord de la mer ou sauter dans les flaques d’eau », explique-t-elle.

L'art qui murmurait à l'oreille de tous 

L’art peut parfois être difficile d’accès. « On voulait travailler sur des œuvres d’objets du quotidien parce qu’avec des objets comme le caddie ou encore le niveau à bulle, ça parle à tout le monde. Ça rappelle une histoire, un souvenir », observe Julien Timon. « Les gens sont interpellés. Ils se demandent "pourquoi cette œuvre ?". Le pari est gagné », conclut-il.

"Caddie", œuvre en acier galvanisé, roues et résine polyester, réalisée en 2014 par Lilian Bourgeat.
"Caddie", œuvre en acier galvanisé, roues et résine polyester, réalisée en 2014 par Lilian Bourgeat. © Image issue d’un reportage vidéo / Eric Lombaert / France Télévisions

Illusionnisme

Il y a beaucoup de facéties dans l’œuvre de Lilian Bourgeat. Les sculptures sont reproduites de manière hyperréaliste. L’artiste interroge sur la perception du monde et du leurre, par la démesure, mais pas seulement. « Si on regarde bien on voit que c’est deux fois le même pied droit. L’idée est venue d’une anecdote personnelle. Alors qu’il avait acheté une paire de bottes pour son fils, en ouvrant la boîte, il a découvert qu’il y avait deux fois le même pied ! », s’amuse Mathilde Legendre. 

Niveau à bulle de plus de dix mètres de longueur, en résine polyester, verre, liquide vert réalisé en 2019 - Avec ce niveau posé sur un toit sur le site de l'entreprise Nordfilm, Lilian Bourgeat fait la démonstration par l’absurde, que "La Terre est plate".
Niveau à bulle de plus de dix mètres de longueur, en résine polyester, verre, liquide vert réalisé en 2019 - Avec ce niveau posé sur un toit sur le site de l'entreprise Nordfilm, Lilian Bourgeat fait la démonstration par l’absurde, que "La Terre est plate". © Image issue d’un reportage vidéo / Eric Lombaert / France Télévisions

Des visites guidées sont organisées tous les jeudis d’août, sur réservation auprès du musée Alfred Canel. L’art contemporain est à portée de main, jusqu’au 29 août 2021.

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