CGT : Thierry Le Paon en recours ?

© France 3 Caen
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La succession de Bernard Thibault entre dans une phase aiguë.

Par Catherine BERRA

Ce jeudi, le responsable CGT du Calvados apparaît comme une alternative possible à la tête du syndicat empêtré dans une querelle de succession sans précédent.

Le Comité confédéral national (CCN, "parlement" de la CGT) a en effet désavoué Bernard Thibault ce jeudi matin, en rejetant la candidature de Nadine Prigent qu'il soutenait et pour laquelle il avait obtenu le ralliement de sa direction.

Le CCN, qui a le dernier mot en la matière, a rejeté ce choix par 304 mandats (255 pour, 73 abstentions).

Après ce rejet, la Commission Exécutive s'est de nouveau réunie à la mi-journée et doit faire une nouvelle proposition au CCN. 

La question ne sera sans doute pas tranchée aujourd'hui puisqu'une réunion exceptionnelle de le Commission Exécutive aura lieu la semaine prochaine.

Face à cette crise de succession inédite à la CGT, de nouveaux candidats à la succession de Bernard Thibault sortent du bois. C'est apparemment le cas de Thierry Le Paon, en embuscade de longue date.

Le secrétaire général de l'Union des syndicats CGT du Calvados également à la tête du groupe CGT au Cese (Conseil économique, social et environnemental) pourrait en effet se poser en recours pour sortir de cette guerre de succession qui oppose deux conceptions du syndicalisme et deux styles.

Après 13 ans à la tête du syndicat, la succession de Bernard Thibault s'avère douloureuse. Aucune personnalité incontestée n'a émergé pour prendre la relève.

L'insistance de Bernard Thibault de voir une femme lui succéder a compliqué encore plus la donne. C'est ce qui l'a conduit à refuser son soutien à Eric Aubin, l'autre grand challenger. Chargé du dossier de la retraite et issu du privé, ce dernier a cependant la préférence de plusieurs fédérations.

Hier soir, Bernard Thibault a finalement réussi à créer un rassemblement derrière Nadine Prigent qui à l'issue de longs débats a remporté la majorité. La commission a examiné aussi la candidature d'Eric Aubin et d'Agnès Naton, directrice du bi-mensuel La Nouvelle Vie Ouvrière.

Mais dans le choix du secrétaire général, c'est le CCN qui a le dernier mot. 

Le plaidoyer de Bernard Thibault en faveur de Nadine Prigent s'est heurté au refus de plusieurs grosses fédérations et d'unions : plusieurs d'entre elles plébiscitaient Eric Aubin, d'autres émettaient un veto contre l'ex-infirmière, qu'elles jugeaient "trop rigide".

C'est la première crise de succession à la CGT depuis la rupture de son cordon ombilical avec le Parti communiste dans les années 1990.

La première vraie élection "non politique" était celle de Bernard Thibault en 1999, qui s'était déroulée sans heurts. L'ex-cheminot a été ensuite réélu de manière consensuelle pour quatre mandats consécutifs.

"Ce conflit est d'autant plus regrettable qu'il ne porte pas sur des orientations mais purement sur des questions de sensibilité de personne", relève un analyste.

Dans ces conditions, un outsider comme Thierry Le Paon, ancien délégué syndical chez Moulinex, qui dirige une fédération et a l'expérience du terrain, pourrait bien avoir toutes ses chances pour devenir secrétaire général du syndicat, apaiser les tensions et rassembler les troupes. Un rêve qu'il caresse de longue date.

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