Cherbourg : un hiver sans passagers

La Brittany Ferries confirme ce mercredi qu'elle arrête ses laisions entre le Cotentin et l'Angleterre pour l'hiver.

Par Catherine BERRA

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Cherbourg: la Brittany Ferries à quai pour l'hiver

Seule compagnie maritime à assurer des liaisons avec l'Angleterre depuis le port de Cherbourg, la Brittany Ferries, frappée par la crise, arrête ses transports de passagers pour l'hiver.

Seul le Cotentin continuera de naviguer pour assurer le fret.

Les trois ferries qui assurent le trafic passagers, le Condor Vitesse, le Barfleur et le Normandie Express, resteront à quai. 


Pour se rendre en Angleterre, les passagers devront partir de Ouistreham ou de Saint-Malo.

C'est la première fois depuis vingt ans que la compagnie ne propose aucune liaison passagers depuis Cherbourg.

Cette décision s'explique évidemment par la baisse du trafic transmanche.


En 2009, la compagnie a transporté un peu plus de 520 000 passagers au départ de Cherbourg. Fin août 2011, ils n'étaient plus que 343 000.


La crise a frappé. Les touristes anglais ne viennent plus en France. Comme l'explique Martine Jourdren, présidente du directoire de Brittany Ferries, dans notre reportage ci-contre, les taux de change entre l'euro et la livre sterling leur sont défavorables. Or, compte-tenu de l'envolée du prix du gasoil, ce serait suicidaire pour la compagnie maritime que de continuer à assurer des rotations avec des bateaux quasiment vides.

L'activité fret connaît elle aussi une forte baisse de régime, bien que maintenue sur le port de Cherbourg : 1,350 million de tonnes transportées en 2009 contre 547 500 pour les huit premiers mois de l'année.

Du coup, l'inquiétude monte. Quel est l'avenir du port de Cherbourg ? Si les personnels naviguants peuvent être reclassés sur d'autres lignes, quid des personnels sédentaires, une quarantaine de personnes à Cherbourg ?

Inquiétudes aussi pour l'avenir des bateaux. Si, comme d'habitude, le Normandie Express est désarmé à Caen pour l'hiver, il est certain qu'il reprendra ses rotations au printemps. Mais le Barfleur ? On murmure qu'il pourrait être mis en vente. Une compagnie norvégienne serait intéressée.


La direction de Brittany se veut rassurante.
Si le Barfleur est vendu, il faudra le remplacer affirme-t-elle. Certes, mais pour quoi faire ? Les espoirs d'une reprise du trafic transmanche reposent essentiellement sur les Jeux olympiques de Londres en 2012. Mais avec des prix qui augmentent fortement et une livre sterling qui ne cesse de baisser, les indicateurs ne sont pas bons.


Le port de Caen-Ouistreham qui continue d'assurer les rotations avec l'Angleterre pendant l'hiver survivra peut-être à cette crise. Il n'est pas dit que celui de Cherbourg y résistera.

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