Huit nouvelles cloches pour Notre-Dame de Paris

© LP/Delphine Goldsztejn
© LP/Delphine Goldsztejn

Elles seront fabriquées par la fonderie Cornille-Havard à Villedieu-les-Poêles dans le sud Manche.

Par Catherine BERRA

Pour son 850e anniversaire, l’an prochain, la cathédrale sera dotée de nouvelles cloches et d'un nouveau bourdon. Les quatre cloches qui trônaient en haut de la tour nord depuis près de 150 ans ont été déposées hier. Elles seront remplacées par des cloches made in Normandie.

C'est la célèbre fonderie Cornille-Havard qui fabriquera les huit nouvelles cloches de Notre-Dame, tandis que le bourdon (la plus grosse cloche, ndlr) sera, lui, fondu aux Pays-Bas.

Les premiers fondeurs de cloches de Villedieu-les-Poêles se sont installés au XVIème siècle. L'atelier de fonderie Cornille-Havard date, lui, de 1865. Il a été conçu par un ingénieur polytechnicien, Adolphe Havard, et n'a pratiquement pas changé depuis un siècle et demi, tout comme les méthodes et les outils de production, hérités d'une tradition multiséculaire datant du Moyen-Âge.


L'entreprise a su cependant allier fabrication ancestrale et modernité : elle est la première au monde à modéliser le tracé de ses cloches par ordinateur. La fonderie exporte ses productions dans le monde entier.

Si Notre-Dame de Paris appartient à l'État, les nouvelles cloches, d'un coût de 2 millions d'euros, seront, elles, propriété du diocèse. Elles sont offertes par l'association Le Jubilé de Notre-Dame pour les 850 ans de la cathédrale.

Selon le quotidien Libération, le diocèse veut rétablir la sonnerie de 1686, celle qui a prévalu jusqu'à la Révolution Française quand toutes les cloches de Notre-Dame ont été fondues pour faire des canons. Toutes, sauf le bourdon "Emmanuel", accroché dans la tour sud de la cathédrale. Il joue un fa dièse et va rester en place. On va lui adjoindre un deuxième bourdon qui lui, émettra un sol dièse.

Les autres cloches ont été installées en 1856. Le problème, c'est que selon le diocèse de Paris, leur tonalité est discordante. Autrement dit, elles sonnent faux !

Un spécialiste, Régis Singer, a réussi à reconstituer le son du carillon du XVIIe siècle. Pour ce faire, il s'est plongé dans les archives de la famille Gilbert qui a fourni trois générations de maitres-sonneurs à la cathédrale. Victor Hugo avait lui aussi, en son temps, utilisé ces sources documentaires pour écrire "Notre-Dame-de-Paris".


C'est donc un travail tout autant historique que musical qui a été entrepris pour la restauration de ces cloches, car il faut aussi faire attention au son des autres cloches de la capitale : le beffroi de l'Hôtel de ville, avec son "mi bémol, sol, fa" ou encore le clocher de Saint-Gervais, qui joue un "mi-bémol, la, si bémol, do". Ces carillons ne doivent pas tous se ressembler.

Les nouvelles cloches seront donc fabriquées dans le sud de la Manche quasiment comme au Moyen-Âge avec un mélange de cuivre et d'étain coulé dans un moule fait d'argile, de crottin de cheval et de poils de chèvre !

Les premiers moules devraient être fabriqués à Villedieu-les-Poêles d'ici deux à trois semaines.



Pour en savoir plus, le site de  l'entreprise Cornille-Havard et celui de la  cathédrale Un son de synthèse permet d'imaginer le futur carillon de Notre-Dame.


Reportage sur la fonderie Cornille-Havard



En juillet 2011, une de nos équipes de reportage s'est intéressée à la fonderie de Villedieu-les-Poêles :

Huit nouvelles cloches pour Notre-Dame de Paris

Villedieu-les-Poêles : portrait de la fonderie... par france3bassenormandie_845

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