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Il a désigné le soldat inconnu.

© France 3 Basse-Normandie
© France 3 Basse-Normandie

En 1920, c'est un poilu originaire de Cherbourg qui a choisi parmi huit cercueils à la citadelle de Verdun.

Par Pierre-Marie Puaud


L'Histoire est faite de hasards. Normalement, ce n'est pas à Auguste Thin qu'il revenait de choisir : "Autant que je me souvienne, le soldat prévu était tombé malade, raconte aujourd'hui sa belle-soeur.

Auguste Thin est désigné, sans doute "parce qu'il était toujours prêt pour ce qu'on lui demandait de faire, poursuit Janine Thin. C'était un homme de bonne volonté"

Le 10 novembre 1920, le soldat Thin se trouve donc placé dans une galerie souterraine de la citadelle de Verdun devant deux rangées de quatre cercueils. Dans une archive filmée de 1965, il raconte : "Monsieur Maginot (le ministre des Pensions de l'époque, ndlr) m'a remis un bouquet en me disant : le cercueil sur lequel vous déposerez ce bouquet sera celui qui ira sous l'Arc de Triomphe pour immortliser tous les morts de la guerre"

Dès 1918, un député avait émis l'idée que soit élevé un monument. Un an plus tard, l'Assemblée Nationale adopte une loi prévoyant l'inhumation d'un soldat anonyme au cours d'une cérémonie solennelle le 11 novembre 1920. Les commandants des huits secteurs du front défendus par l'Armée française reçoivent l'ordre d'exhumer secrètement le corps d'un soldat dont il est certain qu'il est français, mais dont l'identité n'a pas pu être établie. Les huit dépouilles sont acheminées jusqu'à Verdun.





Auguste Thin choisit de déposer son bouquet d'oeillets sur le sixième cercueil, en référence au sixième corps d'Armée au sein duquel il servait. Le dépouille de celui qui allait devenir le Soldat Inconnu est alors transférée dans la nuit jusqu'à Paris pour être inhumée sous l'Arc de Triomphe.

Auguste Thin, à qui il ne restait que trois mois de service à accomplir, est ainsi entré dans l'Histoire. Engagé à Lisieux en 1917 à l'âge de 19 ans, gazé sur le front en Champagne, il était de cette génération d'hommes élevés avec un sens aigü du devoir. Après la guerre, il s'est investi discrètement dans l'aide aux veuves de guerre. "C'était un homme généreux qui ne tenait pas à se mettre en valeur, raconte Janine Thin. Il faisait cela pour les autres"

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