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Les colonies de vacances forcées d'évoluer

Un arret de la Cour de justice européenne va changer le statut des moniteurs

Par Régions

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FUTURES NORMES POUR COLONIES DE VACANCES

Les colonies de vacances vont elles disparaitre ? La cour de justice de l'union européenne juge le contrat des animateurs non conforme au droit du travail.Trop d'heures, pas assez de repos. Et les structures craignent les conséquences financières de cette réforme.

A l'origine, il y a la saisine du Conseil d'Etat par le syndicat Solidaires Isères en 2007. Celui-ci entendait dénoncer les conditions de travail des moniteurs de colonies de vacances. Cette saisine a abouti à la décision de la Cour de justice de l'Union Européenne qui enjoint la France de respecter la législation sur le travail.

200 000 jeunes travaillent chaque année en France dans des colonies de vacances. Leur emploi est régi par un "contrat d'engagement éducatif", un contrat dérogatoire au code du travail, à mi-chemin entre le travail salarié et le volontariat. La paye est faible (deux heures de Smic par jour minimum) et pas de repos compensateur.La Cour de Justice de l'Union Européenne vient de demander à la France de respecter une directive européenne de 2003 imposant un repos de onze heures entre deux journées de travail.

Le Conseil d'Etat doit se prononcer à l'automne prochain. Le ministre de l'éducation, Luc Chatel, a annoncé la mise en place d'un groupe de travail à la rentrée. En attendant, les organisateurs de colonies montent au créneau. Une de nos équipes s'est rendue à Clécy, dans une colonie accueillant des enfants souffrant de handicap. Ces jeunes ont besoin de référents fixes et multiplier de nombre d'intervenant n'apparaît pas, selon les responsables de cette structure, une solution adaptée à cette situation.

Mais ce que craignent le plus les organisateur, c'est l'explosion des coûts si les moniteurs sont reconnus comme des salariés à part entière. "Le personnel, c'est 20 à 30% de coût en plus", affirme Franck Calvet, directeur territoire ouest de l'Union française des centres de loisir,"le personnel c'est plus de la moitié du budget d'un séjour de vacances. Ce ne sont pas les pouvoirs publics ni les CAF qui vont venir compenser cette augmentation donc les tarifs pour les familles vont augmenter en conséquence."

Pour les partisans d'une réforme du statut des moniteurs, le "contrat d'engagement éducatif" s'apparente à de l'exploitation et un encadrement étoffé ne pourrait être que bénéfique aux enfants. Le Conseil d'Etat doit trancher en septembre prochain.

Découvrez ci-contre le reportage de notre équipe à Clécy

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Didier Guillaume :

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