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Pas de portrait de Pétain à Gonneville-sur-Mer

© France 3 Basse-Normandie
© France 3 Basse-Normandie

Le tribunal administratif de Caen confirme son jugement du 26 octobre dernier.

Par Catherine BERRA

La commune a toujours obligation de décrocher le portrait de Philippe Pétain de la salle du conseil municipal.

Le tribunal administratif de Caen a en effet rejeté ce mardi 20 septembre une requête de l'Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) favorable au retour d'un portrait du chef du régime de Vichy dans la mairie de Gonneville-sur-mer dans le Calvados.

L'association demandait l'annulation de la décision du 26 octobre 2010 du TA, enjoignant la mairie de cette petite commune de retirer ce portrait d'une galerie où le maréchal Pétain figurait parmi les présidents de la République.

Le tribunal administratif avait été alors saisi par le préfet de Basse-Normandie.

L'ADMP, une association créée en 1951, avait "formé une tierce opposition", une voie de recours extraordinaire ouverte aux personnes qui n'ont pas été parties à une procédure alors qu'elles avaient intérêt à y défendre leurs droits.

Mais le tribunal a estimé que l'association ne "justifie pas", étant donné ses statuts, d'un "droit" auquel le retrait du portrait aurait "préjudicié".

Le juge note en outre que l'association n'était "ni présente ni appelée" lors de l'instance qui a conduit à la décision de demande de retrait du portrait en 2010.

La présidente du tribunal, Dominique Kimmerlin, a ainsi suivi l'avis du rapporteur public Frédéric Cheyssan, lors d'une audience le 6 septembre : "en dépit du retentissement médiatique certain de l'affaire, l'association s'était pourtant abstenue d'intervenir", avait-il souligné.


Interrogé par la presse sur ce point après l'audience, l'avocat de l'association, Jacques Tremolet de Villers, a répondu qu'il n'avait pas été mandaté pour le faire à l'époque.

"Aujourd'hui, dans cette galerie de portrait, il y a un vide. Ce vide fait dire qu'un tribunal, un préfet, révisent l'histoire, qu'une période de l'Histoire de 4 ans n'a jamais existé", avait dit, durant l'audience, celui qui fut l'avocat de l'ancien milicien Paul Touvier condamné en 1994 pour crimes contre l'Humanité.

"La Haute Cour de justice a, par son arrêt du 15 août 1945, condamné Philippe Pétain à mort pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison et l'a frappé d'indignité nationale, d'où la perte de qualité de chef de l'Etat", avait souligné de son côté le préfet devant le TA avant la demande de retrait.

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