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Journée nationale contre le harcèlement scolaire : des collèges normands en première ligne

© Frédéric Lafond
© Frédéric Lafond

Non au harcèlement scolaire, le message est clair et il est au coeur d'une journée nationale de lutte contre toutes les formes de harcèlement. Au Havre ou à Vernon, comme dans de nombreux collèges ou lycées normands, les actions de sensibilisation impliquent élèves et enseignants.      

Par Catherine Lecompte

Les chiffres impressionnants peuvent vite effrayer : en France, aujourd'hui, en moyenne un enfant sur dix est victime de harcèlement scolaire. On estime ainsi à leur nombre à 700 000 élèves, dont la moitié de manière sévère (les enquêtes de victimation, universitaires, DEPP 2011 – 2013-2015). 

Si on détaille encore plus, 55% des élèves en situation de harcèlement sont en réalité touchés par la cyberviolence sur le net et les réseaux sociaux.  

Les filles sont davantage exposées à des formes spécifiques de cyberviolence, à caractère sexiste et sexuel (cybersexisme). Elles sont notamment trois fois plus touchées par des actes de sexting (source : Centre Hubertine Auclert)

Depuis 2015, le premier jeudi du mois de novembre est désormais consacré à la journée nationale de lutte contre le harcèlement. Cette campagne poursuit plusieurs objectifs : la sensibilisation du grand public, la formation des professionnels pour permettre une détection précoce des situations, une meilleure prise en charge des victimes et des groupes d’élèves impliqués et une prévention au service de l’amélioration du climat scolaire. À cette occasion, les communautés scolaires et leurs partenaires organisent des événements sous des formes diverses, à l’échelle locale. Des actions d’envergure sont également proposées à l’échelle académique.

 
campagne nationale contre le harcèlement scolaire / © ministère de l'Education
campagne nationale contre le harcèlement scolaire / © ministère de l'Education


En Normandie, certains établissements ont choisi des animations très ciblées. Au Havre par exemple, deux collèges sont particulièrement mobilisés. Encore sous le choc de l'agression de sa principale adjointe, braquée tout récemment par une arme factice, le collège René-Descartes, dans le quartier du Mont-Gaillard, a proposé deux représentations du spectacle "Lisa", écrit et mis en scène par Hélène Mouchel et joué par la troupe "La Super Compagnie". A l'issue de ce one-woman show, un débat entre élèves et adultes devait permettre d'évoquer les recettes pour lutter contre ce fléau.

En parallèle, le collège organisait des campagnes d'affichages et a nommé des élèves ambassadeurs. Des "copains vigilants" formés par le groupe académique de prévention et d'appui à la sécurisation des établissements (GAPASE) 

Cette journée y était aussi celle du "pink tee-shirt day". Cette initiative vient en fait du Canada où en 2007, lorsqu'un élève, arrivé avec un polo rose, s'est fait insulter, sans réaction immédiate des autres élèves. Après coup et pour contrer leur culpabilité, ils étaient revenus en classe, eux aussi en polo rose, en guise de soutien à leur camarade. Symboliquement, les élèves du collège havrais devaient venir vêtus de rose et tenir un stand sur la mobilisation avant d'en publier une photo. 

Au Havre toujours, le collège Eugène-Varlin, participait aussi à cette journée nationale au travers de différentes actions comme la formation d'ambassadeurs et la formation d'une fresque humaine par les les élèves de 6 ème. La chorale du collège donnait de son côté un concert spécial pour l'occasion. Regardez le reportage sur place de notre équipe Karima Saidi et David Frotté.

     
le collège Varlin du Havre lutte contre le harcèlement scolaire

          
Parmi les nombreuses actions de cette journée, à Vernon, le collège César Lemaître organisait de son côté un café des parents de 18h à 19h30. 
  

Les témoins en première ligne 


Cette année, l'accent de cette campagne nationale sera en fait porté sur le rôle décisif des témoins au sein du processus du harcèlement. Confrontée à ces violences continues de la part du groupe, la victime va très souvent hésiter à communiquer. Les spectateurs de ces situations jouent alors un rôle central. Selon leur position et leur adhésion à ces violences répétées, les conséquences du harcèlement sur la cible des attaques seront plus ou moins dramatiques.

Or agir sur l’attitude des spectateurs, c’est à terme marginaliser les situations de harcèlement. Les programmes d’actions ciblant le travail de formation en direction des pairs, qui peuvent prendre la forme d’actions de sensibilisation, sont les plus efficaces.  

Depuis 2015, le ministère a donc choisi de généraliser la formation des « ambassadeurs lycéens » contre le harcèlement et le cyber-harcèlement. À leur tour, ils deviennent acteurs de la prévention  en formant leur camarade dans leur lycée et les établissements environnants.
Pour plus d'informations : cliquez ici.

À l’initiative des établissements, des départements et des académies et de certaines associations, d’autres dispositifs, impliquant les élèves se développent aussi sur tout le territoire (les « sentinelles », les référents, les « copains vigilants », les « Helpers ») et font partie des projets d’établissement. Ils poursuivent un même objectif : donner un rôle social aux élèves et les rendre « citoyens responsables » pour marginaliser les situations de harcèlement.


 

Numéro d'appel

Et puis pièce maîtresse de ce dispositif, un numéro vert national, le 30 20, a déjà permis de traiter 55 828 sollicitations et 14 445 appels.

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