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Une rave-party organisée dans l'ex-usine de Plysorol se fait entendre jusqu'à Lisieux

Des centaines de personnes ont participé à une rave-party dans l'usine désaffectée de Plysorol, près de Lisieux. La police se serait rendue sur place mais n'est pas intervenue pour déloger les fêtards, qui dérangent les riverains de manière continue depuis la nuit de vendredi à samedi 23 février. / © Garo Kevorkian / France 3 Normandie
Des centaines de personnes ont participé à une rave-party dans l'usine désaffectée de Plysorol, près de Lisieux. La police se serait rendue sur place mais n'est pas intervenue pour déloger les fêtards, qui dérangent les riverains de manière continue depuis la nuit de vendredi à samedi 23 février. / © Garo Kevorkian / France 3 Normandie

A Lisieux, les habitants subissent depuis samedi, 4 heures du matin, l'agitation d'une "rave party", une soirée techno illégale, qui s'est poursuivie ce dimanche dans l'ex-usine de Plysorol. Une seconde fête a également eu lieu près de Trois-Monts, au sud de Caen. 

Par Cécile Sauzay

Quatre heures du matin, samedi 23 février. Une usine désaffectée, celle de Plysorol, à la sortie de Lisieux. Des camions - arrivés en fin de soirée - déchargent du matériel. On branche la sonorisation, et le cauchemar commence pour les riverains : une rave-party "sauvage" vient de s'ouvrir sous les hangars du site industriel. Les basses de la musique techno s'entendent à des kilomètres à la ronde, jusque dans le centre-ville de la ville de pélerinage ce dimanche matin. Elle n'a pas été coupée une seule fois depuis l'arrivée des fêtards jusqu'à 14 heures le dimanche suivant. Près de 34 heures de son ininterrompu. 
 

"On a eu l'impression d'être dans une machine à laver tout le week-end"

Juste en face de la friche industrielle se trouve une résidence de plusieurs dizaines d'appartements. Exaspérés, de nombreux riverains ont décroché leur téléphone pour prévenir le commissariat, qui croule sous les appels depuis samedi. Selon notre journaliste sur place, une habitante aurait contacté la préfecture et même Matignon pour tenter de faire cesser le bruit continu qui l'empêche de dormir et de vivre depuis deux jours. A ce jour, les autorités se renvoient la responsabilité, affirme-t-elle. 

Les riverains ont dû prendre leur mal en patience pendant près de 36 heures. Laetitia Krainski est venue rendre visite à une amie pour le week-end... son séjour a viré au cauchemar :"On avait l'impression d'être dans une machine à laver tout le week-end, raconte-t-elle. Impossible de dormir évidemment". L'une de ses voisines, Huguette, n'a pas pu trouver le sommeil pendant deux jours et deux nuits. "On s'assoupissait dix minutes et on se réveillait, déplore-t-elle, à bout de nerfs. J'ai pensé à aller dormir à l'hôtel, mais j'avais l'espoir que la police vienne les déloger". 
 

Malheureusement pour elle, les forces de l'ordre ne sont jamais venues. Officiellement, l'ancien site industriel de Plysorol est situé sur un terrain qui appartiendrait à un mandataire judiciaire, d'où la difficulté à désigner un responsable, selon la préfecture du Calvados. Pourtant, en cas de tapage nocturne et diurne, comme c'est a priori le cas (au minimum), les gendarmes ont le droit de se rendre sur les lieux pour établir l'infraction. C'est ce qu'ils ont fait samedi dans la journée... avant de repartir, selon de nombreux témoins et selon les organisateurs. "Ils ne veulent pas prendre le risque de déloger un millier de personnes alcoolisées et sous l'emprise de la drogue dans les rues de Lisieux", préjuge l'un d'entre eux. Selon plusieurs témoins sur place, les gendarmes auraient expliqué attendre la venue de renforts de Caen pour intervenir... renforts qui ne sont jamais venus. 

 

Une fête à ne pas rater

S'ils n'étaient plus que 300 ce dimanche matin, près de 1000 personnes sont venus de toute la France, prévenues du lieu au dernier moment par un système de cooptation et de mots de passe transmis par SMS qui donnent accès à l'emplacement de la fête. Le principe de la rave-party étant de ne pas se soustraire aux obligations préfectorales en la matière, il s'agit d'un rassemblement non déclaré, sans aucune assistance médicale sur place, sans service de sécurité, où l'alcool et les substances illicites semblent avoir gagné l'immense majorité de l'assistance. 

Malheureusement pour les riverains, impossible de rater ce week-end, pour les participants : il s'agissait en effet des cinq ans du collectif "Dubitative", connu - selon eux -  pour ses soirées survoltées dans toute la France. 

D'après des témoins, une seconde soirée techno a également eu lieu dans le bocage au sud de Caen, sur la commune de Trois-Monts. 

Le reportage de Garo Kervokian et Didier Bert, avec Vincent Potel :

Intervenants : 
Huguette Le Danois, habitante de Lisieux
Laetitia Krainski,Travailleuse sociale

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