Accident mortel sur une route submersible : les enfants des victimes demandent des aménagements de sécurité

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Leurs deux parents sont décédés dans leur voiture un soir de février 2022 sur une route submersible dans la Manche. Le couple, deux retraités habitant le département s'est retrouvé piégé par la montée de la mer un soir de tempête. Les deux enfants demandent au département de faire des aménagements de sécurité.

C'était le dimanche 20 février 2022, dans la nuit froide. Ce soir-là, un couple de septuagénaires rentre d'une soirée familiale pour rejoindre son domicile. L'automobiliste âgé de 74 ans et sa femme de 70 ans s'engagent sur une petite route submersible de Bricqueville-sur-Mer, dans la Manche. La tempête Franklin avec ses vents violents se déchaine sur le littoral normand. Piégé par la montée des eaux, le couple se trouve coincé dans sa voiture. Malgré l'intervention des secours, les deux occupants sont retrouvés morts

Depuis ce tragique accident, les deux enfants du couple cherchent à comprendre ce qui s'est passé ce soir-là, pour qu'un tel drame ne se reproduise pas. Julien et Mathieu Rebordas ont eu accès au rapport de l'enquête de gendarmerie. Celui-ci est clair et écarte toute responsabilité du conducteur dans le tragique accident.

Le rapport a démontré que mon père n'avait pas bu d'alcool, ni consommé de la drogue ce soir-là, qu'il ne s'agissait pas d'un suicide et qu'il n'y avait aucun reproche à lui faire au niveau du comportement routier. Il a emprunté cette route parce qu'il la connaissait bien et sa responsabilité n'est pas engagée. Pour moi, l'accident est lié au manque de sécurisation de la route.

Mathieu Rebordas

Fils des deux victimes

Mathieu et son frère Julien se sont rendus sur les lieux de l'accident plusieurs fois pour comprendre les circonstances du drame.

Cette route départementale 375 est une route submersible construite dans les années 70. Elle a la particularité d'être submergée par la mer lors de grandes marées. Pourtant ce dimanche soir 20 février 2022, le coefficient n'est "que" de 88, soit en dessous du seuil (90) à partir duquel on peut parler de grandes marées. La tempête et les vents violents sont à l'origine de la montée des eaux et de la forte houle qui a emporté le couple de septuagénaires. Les deux frères en arrivent à la conclusion que la sécurisation actuelle n'est plus adaptée à la dangerosité de la RD 375.

Si on se réfère au coefficient de marée ce soir-là, la route était praticable, car c'est le seul indice qui nous dit qu'on peut emprunter cette route. Or ce soir-là, cela n'a pas suffi parce que la tempête a fait monter le niveau de la mer. Il faudrait donc faire quelque chose.

Julien Debordas

Fils des deux victimes

Julien et Mathieu demandent au Conseil départemental de la Manche de procéder à des aménagements. La mise en place de glissières de sécurité au niveau du chenal qui "auraient pu sauver la vie de mes parents" ajoute Julien. "Cela ne couterait pas si cher, je ne comprends pas que ses travaux ne soient pas réalisés".

Le Conseil départemental de la Manche en pleine réflexion

Dans un courrier adressé aux deux frères Debordas, le Conseil départemental de la Manche répond " que la pose de glissières, en milieu salin sur une route submergée plusieurs fois dans l'année, provoquerait la corrosion en quelques mois du dispositif, l'empêchant d'assurer un niveau de retenue suffisant". Jean Morin, le président du département de la Manche précise également : "concernant la mise en place d'un éclairage, les phares des véhicules sont normalement suffisants pour assurer la visibilité. La mise en place d'un équipement lumineux serait également soumis aux marées et poserait des difficultés pour son maintien en état". En conclusion, dans son courrier, le patron du conseil départemental  rappelle que les dangers de cette route sont déjà signalés, mais précise mettre à l'étude une évolution des dispositifs, tel que les poteaux rétro-réfléchissants ou la signalisation d'approche. Pas sur que cela réponde aux attentes de  Julien et Mathieu Lebordas.

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