Covid : à Cherbourg, le centre hospitalier réactive le plan blanc moins d'un mois après l'avoir levé

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La reprise épidémique est là depuis quelques semaines en Normandie. A Cherbourg, le centre hospitalier du Cotentin n'est pas épargné, tant parmi ses patients que parmi ses personnels. L'hôpital est contraint de réactiver le plan blanc.

Les masques sont tombés et la vie semble reprendre son cours normal depuis quelques semaines. Mais l'épidémie de covid est toujours là et reprend du poil de la bête. Ce lundi 28 mars, on recensait en France une moyenne de près de 130 000 cas positifs sur la semaine écoulée (contre 89 763 le lundi précédent) et près de 1200 admissions jour à l'hôpital. Dans son dernier point épidémiologique (en date du 24 mars), l'Agence Régional de Santé (ARS) pointait une augmentation de près de 40% du taux d'incidence en Normandie (1104,7 cas pour 100 000 habitants) ainsi qu'une "légère hausse" des hospitalisations conventionnelles. 

A Cherbourg, le centre hospitalier du Cotentin avait levé son plan blanc le 3 mars dernier. Moins d'un mois plus tard, l'établissement est contraint de le réactiver. "En fait, la Manche n'est jamais vraiment redescendue très bas. On a toujours été un des départements normands les plus touchés", indique Séverine Karrer, la directrice de l'établissement, "Au plus bas, on était encore à une trentaine de patients qui avaient le covid". Depuis ce weekend, ils sont désormais 52 au sein de l'hôpital, dont 5 en réanimation. 

Une situation de saturation

Et les patients ne sont pas les seuls touchés. "Vous avez une cinétique de l'épidémie qui est toujours la même. Ca touche d'abord les professionnels de manière éparse puis vous avez des clusters de professionnels, des clusters de patients, et vous vous retrouvez en véritable situation épidémie. Ce qui est notre cas depuis ce weekend." Plus d'une quarantaine d'arrêts de travail ont ainsi été recensés en fin de semaine dernière dans l'établissement. "Le tout associé à une activité des urgences qui est extrêmement forte. Donc là, on arrive à une situation de saturation."

D'où la nécessité pour l'hôpital de réactiver ce lundi 28 mars le plan blanc et ce pour une durée indéterminée. La situation "nous amène à rappeler les personnels sur des heures supplémentaires et les solliciter sur des organisations qui sont fragilisées", indique Séverine Karrer. Le dispositif du plan blanc permet à l'hôpital de mobiliser tous ses personnels, y compris sur leurs congés (la suspension des congés n'est toutefois pas automatique), de modifier les plannings et les affectations de chacun en fonction des besoins.

Récemment, l'Organisation Mondiale de Santé avait déploré que plusieurs pays européens, dont la France, aient levé trop "brutalement" leurs restrictions sanitaires. "On paye très certainement la disparition du masque dans les lieux clos", estime Séverine Karrer, "On a tous des retours de ce qui se passe dans les classes pour les enfants ou dans les milieux professionnels. Tout le monde est touché aujourd'hui. Il faut qu'on arrive à ajuster nos comportements quand on est dans des lieux clos avec un taux d'incidence qui est passé de 800 à 1700 en l'espace de 3 semaines ou 15 jours." L'Agence Régionale de Santé doit publier son nouveau bulletin épidémiologique ce mardi soir.

 

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